Affiche du film  Ghostbusters
© Sony Pictures

SOS Fantômes

Version en français
v.o.a. : Ghostbusters
15 juillet 2016

Des revenants dans le vent

Photo Par Martin Gignac

Il n'y a plus rien de sacré. Après avoir modernisé Jurassic Park, Mad Max et Star Wars, c'est au tour de Ghostbusters d'être refait pour une nouvelle génération.

L'idée fait frémir les admirateurs depuis belle lurette. Surtout à l'apparition de ces ennuyantes bandes-annonces et à l'écoute de cette horrible reprise du thème musical. Où se situe donc cette troisième mouture? Quelque part entre l'immense succès surprise de 1984 et sa soporifique suite de 1989.

Le jeu des comparaisons n'est évidemment pas à l'avantage de cette nouvelle aventure qui pille (ou rend hommage, c'est selon) ce classique du cinéma populaire. Il y a à nouveau des fantômes qui prennent d'assaut la Grosse Pomme, une équipe de choc pour les chasser, des clins d'oeil cocasses et des caméos totalement inutiles. La nostalgie a le dos large et le scénario s'applique à reprendre les moments clés en changeant les lieux, en grossissant l'action et en ensevelissant le tout sous une horde d'effets spéciaux, en 3D de surcroît.

C'est pourtant en se tenant loin de cet ectoplasme éprouvé que le long métrage est le plus intéressant. Le cinéaste et scénariste Paul Feig a son style bien à lui - pour le meilleur (Spy) et pour le pire (The Heat) - et il récidive avec cet humour à la fois vulgaire et enfantin qui fait sa marque de commerce. Les pitreries sont nombreuses, inégales mais parfois jouissives. Sa façon de reconstituer une famille d'amies est toujours aussi efficace et on se croirait même devant une version fantastique de son Bridesmaids.

Le réalisateur a fait appel à une distribution féminine et ce geste n'est pas fortuit. Les stéréotypes sont inversés avec un pur bonheur. La pince-sans-rire Kristen Wiig passe son temps à fantasmer sur son secrétaire, Melissa McCarthy est plus "subtile" que d'habitude, Kate McKinnon se pense dans un épisode de James Bond même si elle en fait beaucoup trop et Leslie Jones complète le quatuor avec verve. C'est ironiquement Thor, alias Chris Hemsworth, qui leur vole la vedette dans un rôle inoubliable.

On sent toutefois que le film aurait pu aller beaucoup plus loin. Débarrassé de la charge satirique de l'original et de tous ses sous-entendus sexuels, ce reboot divertit sans nécessairement marquer les esprits. L'histoire qui cumule les sketchs de qualité variable est parsemée de trous, il n'y a aucun suspense ou tension dramatique et l'improvisation allonge des scènes et des gags qui ne fonctionnaient déjà que difficilement. Sans doute que ce manque d'inspiration s'explique par un désir un peu mercantile de rejoindre le plus grand dénominateur commun, en privilégiant du coup un jeune public au lieu de satisfaire un cinéphile plus adulte.

À mille lieues du désastre annoncé, ce Ghostbusters du 21e siècle s'avère une production plus que compétente, qui doit beaucoup à la chimie entre ses actrices. On repassera pour le phénomène culte de son prédécesseur, ce qui n'empêchera pas les néophytes de se faire prendre au jeu. Même les fans finis voudront y jeter un coup d'oeil et s'ils laissent leurs aspirations de côté, un certain plaisir sera au rendez-vous.

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Photo Martin Gignac

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