Affiche du film  Soeurs
© Universal Pictures

Soeurs

Version en français
v.o.a. : Sisters
17 décembre 2015

Ce n'est pas beau de vieillir

Photo Par Martin Gignac

Saturday Night Live a produit quelques-uns des plus grands comiques des dernières décennies. Pensons seulement à Bill Murray, Eddie Murphy, Will Ferrell et, plus récemment, Amy Schumer. Mystérieusement, presque à chaque fois qu'un de ses membres ou cette vénérable institution s'essaient au septième art, le résultat laisse à désirer. Trop de sketchs et pas assez de cinéma. Tina Fey et Amy Poehler ont beau être délirantes dans leurs séries télévisées et lorsqu'elles animent les Golden Globes, il n'y a pratiquement eu aucun film à leur hauteur. Jusqu'à Sisters.

Sans utiliser parfaitement leur immense talent, ce sympathique long métrage réalisé avec dynamisme par Jason Moore (le cinéaste derrière le premier Pitch Perfect) sait mettre à profit leur énergie et leur chimie. C'est d'ailleurs tout ce qu'on retient de la première partie du film, terriblement longue, répétitive et pleine de clichés. Les personnages sont dessinés grossièrement, les gags ne fonctionnent qu'à moitié et le scénario rudimentaire de Paula Pell (une habituée de SNL) sur la difficulté de vieillir n'est qu'un prétexte à réunir les deux hilarantes humoristes qui campent des soeurs qui retournent une dernière fois dans la demeure familiale. Un peu plus et on se retrouve devant l'oubliable et très inégal Baby Mama où les comédiennes partageaient déjà la vedette.

Le déclic s'effectue à mi-chemin, lorsque les frangines décident de faire une dernière fête en invitant leurs amis d'adolescence. Un gros party sans fin où tous les individus présentés précédemment ont leur utilité. On nage bien entendu dans les stéréotypes primaires avec le gros dégueulasse, le couple qui ne se touche plus, les lesbiennes masculines, la Coréenne dévergondée et le prétendant habile de ses mains. Sauf que ces individus possèdent les scènes et les dialogues pour briller, ce qu'ils font allègrement. Un soin particulier a été apporté aux acteurs de soutien, que ce soit James Brolin et Dianne Wiest en parents, John Leguizamo en vieille connaissance, le lutteur John Cena en trafiquant de stupéfiants et surtout Maya Rudolph en truculente ennemie jurée.

Soudainement, le récit atteint son zénith en se transformant en vieil effort de Judd Apatow, The Night Before et même l'oeuvre culte Animal House et c'est très, très drôle. Des fous rires contagieux qui sont ininterrompus pendant trois quarts d'heure de malaises, de défonces et de situations qui se détériorent encore et encore. L'hommage aux années 80 et au début des années 90 est total (il y a même la mythique chanson Informer!) et si tout ce qui arrive ne fait nullement avancer l'histoire inexistante, le plaisir est total. Dommage qu'il ne s'étend pas jusqu'à la fin, beaucoup plus appuyée, moralisatrice et dégoulinante de bons sentiments.

Les exquises Tina Fey et Amy Poehler brillent évidemment dans ce chaos désopilant de blagues qui vont dans toutes les directions. Un duo qui est sans doute meilleur que le film lui-même qui réserve cependant de très bons moments lorsque vient le temps de se défouler et de retomber en enfance.

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Photo Martin Gignac

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