Affiche du film Shérif, fais-moi peur
© Warner Bros. Canada

Shérif, fais-moi peur

Version en français
v.o.a. : The Dukes of Hazzard
5 août 2005

Hors-la-loi

Photo Par Karl Filion
Au fond, Shérif, fais-moi peur est une perte de temps. Une perte de temps étonnamment drôle et agréable. Un film qui n'a pas beaucoup d'intérêt, sinon pour les nostalgiques, mais qu'on espérait pas si efficace.

Shérif, fais-moi peur est un film qui combine les poursuites effrénées en voiture, les filles à demi-nues et les blagues cabotines pour faire passer à ses spectateurs une soirée sympathique. C'est l'été, Shérif, fais-moi peur est un divertissement de saison qui devrait plaire aux nostalgiques, mais qui n'impresionnera personne avec son manque de rigueur scénaristique et sa réalisation peu inspirée. Le vrai problème, c'est qu'on ne peut pas trop tenir compte de ces failles, parce qu'elles étaient prévisibles et parce qu'elles ne nuisent pas vraiment à l'ensemble.

Bo et Luke Duke, deux cousins, font avec leur Oncle Jesse la contrebande d'alcool dans le comté de Hazzard. Ils passent leur temps à participer à des bagarres de bars, à rouler très vite et à faire exploser des objets avec des flèches en feu. À l'approche du rally annuel de Hazzard County, un ancien habitant de la ville devenu pilote professionnel revient en ville, ce qui cache bien sûr un complot bien plus grand que nos deux comparses ne tarderont pas à dévoiler. Selon mes informations, le film serait fidèle à la série dans son attitude nonchalante, ses blagues absurdes et sa fixation sur « la » voiture, le « Général Lee ».

Le scénario se permet, et c'est ici flagrant, plusieurs raccourcis scénaristiques pour éviter d'être trop compliqué. Pas besoin de véritables motivations, pas besoin de réalisme – le Général Lee, entre autres, est réparé particulièrement vite – et Daisy Duke, une autre cousine, peut bien enlever ses vêtements plusieurs fois pour obtenir ce qu'elle veut. Cet aspect, d'ailleurs, est moins agaçant qu'attendu, surtout parce que Jessica Simpson se tire bien d'affaire, sans être éclatante. Après une introduction spécialement misogyne, le film évite sagement les blagues trop sexuelles ou déplacées même si certains moments agacent encore. Le scénario, donc, ne se complique pas la vie outre mesure, pas plus que les deux cousins, en fait - dont l'insouciance tuerait plusieurs fois n'importe qui – mais demeure presque pertinent. C'est le gouverneur de l'État qui viendra sauver les meubles, dans un moment aberrant lorsque soumis à la logique, mais acceptable ici. Tout est un prétexte pour initier une folle poursuite en voiture, parce que c'est là le plus grand intérêt de Shérif, fais-moi peur. Le seul intérêt en fait.

Les deux acteurs principaux, plus simplement charismatiques que vraiment impressionnants, se tirent bien d'affaire dans des rôles très simples. Jessica Simpson, aussi, au fond, ne sait pas se faire détester. Burt Reynolds présente le personnage le plus caricaturé, le plus fade aussi, et n'est pas plus mémorable que les autres. Tous les autres personnages sont aussi nécessaires qu'un klaxon qui sonne comme les trompettes de la guerre de Sécession, c'est-à-dire pas nécessaire du tout, mais drôle.

Il faut aimer les poursuites en voitures ou être un amateur de la série originale pour comprendre le véritable impact d'un film comme Shérif, fais-moi peur. Le réalisateur semble avoir su cerner l'essentiel de l'attitude générale, de cet amour particulier pour les voitures de Bo Duke, de la vie « retardée » de Hazzard County. Shérif, fais-moi peur n'est pas un bon film, ni un film mémorable, ni un tour-de-force artistique. Ce n'est que la reprise d'une série télévisée qu'on a voulue fidèle, ce n'est que la suite plus ou moins disparate de poursuites en voiture, de quiproquos et de blagues absurdes. Dire qu'on attendait bien pire est un euphémisme, dans cette optique Shérif, fais-moi peur est un film d'été qu'il faut apprécier pour ce qu'il est, un film d'été, d'autant qu'il réussit tout à fait à partager de son insouciance à un public conquis d'avance.
Partager sur : Twitter Facebook
Photo Karl Filion

Mes dernières critiques

Alexandre et sa journée épouvantablement terrible, horrible et affreuse
Le juge
Les apparences
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
2 temps 3 mouvements
Qu'est-ce qu'on fait ici?
L'épreuve : Le labyrinthe
Aimer, boire et chanter
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.