Affiche du film  Rhymes for Young Ghouls
© Les Films Séville

Rimes pour revenants

Version en français
v.o.a. : Rhymes for Young Ghouls
v.o.a.s.-t.f. : Rimes pour revenants
27 février 2014

Vieilles âmes

Photo Par Karl Filion

Proposition puissante qui n'évite malheureusement pas les lieux communs, Rhymes for Young Ghouls de Jeff Barnaby propose des moments fulgurants qui sont franchement impressionnants (dont une magnifique séquence d'animation). Tout n'y est cependant pas aussi bon, et les clichés, les interprètes parfois maladroits et des dialogues trop présents affligent grandement la crédibilité du film.

Dès le départ, un accident tragique (mais pas très crédible) et ses conséquences mortelles mettent l'histoire dans le contexte, celui d'une réserve glauque et intransigeante où les habitants sont terrorisés par un agent corrompu. Un travail minutieux rend cet univers prenant dès les premiers instants, et les costumes, maquillages et autres éléments artistiques sont pleinement maîtrisés. La caméra de Barnaby, qu'on sent tenter de contourner les manques d'un budget sans doute dérisoire, est elle aussi souvent étonnante, sans que le style ne prenne jamais trop de place; quelques ralentis sont très bien placés et la musique bien trouvée.

Cependant, quelques problèmes ressortent rapidement; les dialogues omniprésents sont trop verbeux et peu crédibles, tous les personnages ayant, à leur tour, leur infusion de poésie ou leur clin d'oeil shakespearien. L'humour est bien intégré, mais pas la narration, trop explicative elle aussi. Tout au long du film, la vie sur la réserve est représentée par une suite infinie de beuveries, de bagarres, de trafic de drogues et de crimes sexuels. Il n'est pas de notre intention de remettre en doute la difficulté de la vie sur une réserve ni les problèmes qui affligent les populations autochtones, mais dans ce cas-ci, quelle est la valeur ajoutée pour le récit de cette illustration redondante d'une situation bien connue?

Du côté des acteurs, la jeune Kawennahere Devery Jacobs joue subtilement sur la fine ligne entre adolescence et maturité et s'avère très certainement la plus impressionnante comédienne du lot et la plus intéressante découverte. Sinon, les acteurs manquent souvent de subtilité ou récitent trop simplement leurs répliques. Ils n'ont cependant pour la plupart que quelques scènes courtes qui n'affectent pas l'ensemble du long métrage. Mark A. Krupa, un acteur qui est habituellement convaincant, incarne ici un méchant de film pour enfants tellement machiavélique qu'il ne paraît jamais plausible. Les antagonistes sont si bêtement méchants (et stupides) qu'il n'y a pas de véritable intérêt à leur « punition ». La structure dramatique du récit s'en trouve donc gravement affectée, d'autant que la finale n'étonnera personne...

Rhymes for Young Ghouls a plusieurs qualités. Le long métrage maîtrise ses moments lyriques et son rapport à l'art. À défaut de proposer un récit imprévisible, il le campe dans un contexte inédit. Malheureusement, les défauts sont aussi nombreux. Des dialogues trop écrits et trop présents. Des comédiens inégaux. L'impression qu'il laisse est moyenne, au mieux.

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Photo Karl Filion

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