Affiche du film  Resident Evil: Apocalypse
© Alliance Vivafilm

Resident Evil : Apocalypse

Version en français
v.o.a. : Resident Evil: Apocalypse
25 juillet 2005

La fin du monde

Photo Par Karl Filion
Un film qui, sans être génial au départ, gâche tout ce qu'il avait d'efficace à mesure qu'il se perd dans une finale peu crédible, trop lente, une suite de clichés plus ou moins incongrus, pour devenir en résumé : une véritable perte de temps.

Si le premier film de la série Resident Evil, sorti en 2002 et adapté de la franchise de jeux vidéos du même nom, avait une certaine gueule parce qu'il établissait une tension intéressante, cette fois-ci, le scénario prévisible, les personnages uni-dimensionnels et de trop nombreuses invraisemblances donnent au film un rythme erratique, d'autant plus que la logique faillit cruellement à la tâche presque constamment.

À Racoon City, une méchante corporation, Umbrella Corp., crée des armes chimiques en faisant des expériences sur des humains sous la ville. À la suite d'un accident, le virus contamine les chercheurs (c'était le sujet du premier film) et s'échappe finalement du laboratoire souterrain d'Umbrella Corp. (voilà les prémices du deuxième film). Une mutante, ancienne directrice de la sécurité du laboratoire devenue sujet même de l'expérimentation, avec des policiers et des membres d'un pseudo-commando d'élite va affronter des morts « ressuscités » grâce au virus, qui ranime les cellules mortes. En même temps, un scientifique handicapé engage nos héros à retrouver sa fille, prisonnière de la ville scellée. À partir de là s'enchaînent diverses péripéties souvent ridicules, qui n'arrivent pas vraiment à effrayer, même si ma voisine de droite à été quitte pour quelques bonnes frousses, parce que la musique (et les silences) prédisent l'arrivée des monstres, parce qu'il va également de soi qu'à chaque fois qu'on ouvre une porte, derrière elle se trouvent les méchants zombies.

Le travail du réalisateur Witt pourrait être qualifié de « potable », considérant que le vrai problème du film est le scénario défaillant. En effet, force est d'admettre que, dans un film dont le but avoué est de mettre en place une certaine tension, il y a peu de place pour l'innovation (dire cela équivaut à dire que le premier qui y parviendra méritera un certain respect). Witt filme donc efficacement les éléments qui composent son film, les zombies, la noirceur, l'héroïne invincible au passé troublé à la force décuplée par une expérience scientifique – du déjà-vu.

Le scénario fait défaut lorsqu'il rajoute à une histoire déjà complexe le projet Nemesis, ceux qui connaissent la série savent de quoi je parle, qui ne sera, au final, qu'une idée prévisible et inutile; il manque terriblement de logique quand il suggère que quelqu'un puisse prendre le temps, en moins de 13 heures, de publier un journal sur l'incident qui secoue la ville, lorsqu'aucun des personnages n'a encore comprit qu'il pourrait être utile d'ouvrir la lumière, lorsque, alors qu'un virus ressuscite les morts, les héros préfèrent traverser un cimetière pour gagner du temps, lorsqu'il propose qu'on puisse contrôler l'infection avec un anti-virus, mais qu'on préfère quand même détruire la ville avec une ogive nucléaire. Si seulement la liste s'arrêtait là! Il faudrait aussi mentionner les dialogues douteux et des personnages absolument vides.

Il faudrait comprendre, le plus tôt possible, que les adaptations de jeux vidéos sont condamnées à être aussi insipides, parce qu'on ne fait pas du cinéma comme on fait un jeu, parce que l'objectif n'est pas le même. Peut-être qu'un jour, un minutieux travail de réalisation mais surtout de scénarisation permettra à un studio d'offrir enfin une adaptation efficace, mais ce ne serait jamais Resident Evil : Apocalypse.
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Photo Karl Filion

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