Affiche du film  Prêtre
© Sony Pictures

Prêtre

Version en français
v.o.a. : Priest
13 mai 2011

Foi en l'humanité

Photo Par Karl Filion

Il y a de ces films qui ont une foi qui dépasse l'entendement. Il ne s'agit pas ici d'une foi en Dieu ou une quelconque autre divinité de votre choix, encore moins d'une « cause noble », il s'agit d'une foi qui, défiant toute raison, permet à des films aussi mauvais que celui-ci, aussi inutiles et bidons que celui-ci, de passer à travers toutes les longues et fastidieuses étapes de la production pour finalement aboutir dans une salle de cinéma où des gens vont payer pour le voir (c'est sûrement ça la clé de l'énigme). Comme il fallait s'y attendre, Priest est un film peu inspiré, inutile, profondément simpliste et réducteur, qui promeut la voie de la facilité et du moindre effort.

Se déroulant dans ce qui semble être une réalité parallèle (un univers fictionnel où tout est permis, jusqu'à ce qu'on commence à le définir), Priest met en scène des guerriers surpuissants qui sont les seuls à pouvoir affronter des vampires (disons plutôt des bêtes sans yeux et sans cervelle assoiffées de sang) qui, autrement, décapitent du revers de la main n'importe quel humain (excepté ceux dont on aura besoin pour une scène inspirante de « dernier souffle », comme c'est pratique!). Bon. Déjà, on voit les faiblesses : que penser d'un personnage religieux qui ferait voeu de chasteté (mais qui ne refuserait pas le désir, en tout cas pas la femme...), mais qui serait entraîné au combat? Et que dire aussi de cet « obscurantisme » si maladroitement illustré par un nuage noir au-dessus de la ville et par le grandiloquent Monseigneur incarné par Christopher Plummer... On n'y a pas réfléchi deux secondes.

Et sérieusement, quel imbécile va vraiment refuser qu'on abatte sa petite amie dans l'éventualité où elle est contaminée et sur le point de devenir un vampire sanguinaire incessamment? Jusqu'à menacer à bout portant le guerrier qui lui a sauvé la vie trois fois déjà? Doit-on y voir un noeud dramatique ou un dilemme moral? Cela va au-delà de la simple foi...

Paul Bettany est possiblement un grand acteur (A Beautiful Mind, Dogville), mais on dirait bien qu'il n'en a rien à foutre (Legion et maintenant Priest). Il est encore prisonnier d'un personnage complètement incohérent forcé de débiter des clichés belliqueux (« Non, la guerre ne fait que commencer! »). Les combats sont assez peu excitants puisque, encore une fois, il n'y a aucune chance qu'un seul des héros ne survive pas (pour avoir du sang périodiquement, on invente un figurant et on le décapite). D'autant que leurs ennemis, des vampires qui bavent, sont assez faciles à tuer. Sinon, ils ont cette manie de « laisser pour mort » le héros afin qu'il puisse reprendre ses esprits et revenir sauver tout le monde...

Voilà d'ailleurs ce qu'on aurait souhaité : que quelqu'un quelque part retrouve ses esprits et fasse cesser sur-le-champ ce projet inutile qui est en fait une perte de temps. Pour ceux qui l'ont fait, pour ceux qui le regardent, pour moi qui ai dû écrire cette critique et pour vous qui l'avez lue. C'est sévère, mais c'est ça : tant que le cinéma ne se prendra pas au sérieux, les spectateurs non plus. Et dire qu'il semble bien que les scénaristes espéraient une suite (la porte est ouverte, en tout cas)...

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Photo Karl Filion

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