Affiche du film  Pour l'amour d'Hollywood
© Les Films Séville

Pour l'amour d'Hollywood

Version en français
v.o.a. : La La Land
15 septembre 2016

Amour, cinéma et jazz

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Vu au Festival du Film de Toronto 2016.


La comédie musicale n'est pas un genre cinématographique chéri par tout le monde. Beaucoup de gens sont dérangés de voir des personnages s'exprimer en chantant plutôt qu'en parlant. Mais la comédie musicale est généralement empreinte d'une magie et d'un caractère qu'on retrouve rarement dans d'autres types de productions plus traditionnelles. Jamais La La Land ne possèderait ce charme nostalgique et envoûtant s'il ne mettait pas en scène des chorégraphies et des ballades. 

Bien que le long métrage commence avec un numéro musical dans lequel des automobilistes coincés dans le trafic sur un viaduc à Los Angeles se mettent à danser autour des bagnoles arrêtées en chantant (une scène grandiose d'ailleurs!), le long métrage de Damien Chazelle n'asphyxie pas son public de ritournelles incessantes et de chorégraphies impromptues. La musique prend une place substantielle dans le film, mais ne devient jamais étouffante. La comédie musicale à proprement parler s'étiole au fil des minutes, au profit d'une forme de musicalité moins théâtrale. 

La direction photo et artistique mérite d'être complimentée. Le film joue avec les couleurs d'une manière bien particulière. Même le spectateur le moins féru en technique cinématographique remarquera les différentes teintes et nuances du film, ou du moins, les ressentira. Parce que ce travail méthodique sur les couleurs a un effet direct sur notre perception et notre appréciation de l'oeuvre. La réalisation fluide et lumineuse de Chazelle contribue également à cette séduction par l'image.

Emma Stone et Ryan Gosling, qui ont précédemment partagé l'écran dans Crazy, Stupid, Love. et Gangster Squad, forment à nouveau un duo fabuleux. Elle, ingénue et pétillante. Lui, passionnée et taciturne. Les deux personnages - une actrice qui rêve de percer à Hollywood et un pianiste qui aspire à ouvrir son propre club de jazz - représentent les parfaits héros de ce type de production. Ils sont attachants et inspirants et, à travers leur amour et leur fièvre, nous donnent envie de poursuivre nos propres rêves impossibles. Stone, qui a déjà joué sur Broadway la pièce Cabaret, livre une performance vocale impressionnante. Gosling, pour sa part, a une voix juste, mais fait bien pâle figure à côté de son confrère à l'écran John Legend qui, évidemment, brille grâce à ses prouesses vocales.

L'aspect humoristique de la comédie musicale n'a pas été délaissé non plus. Emma Stone, qu'on a surtout pu voir dans des comédies, apporte une fraîcheur et une dérision profitables à l'ensemble de l'oeuvre (il faut voir cette séquence lors de laquelle elle enchaîne les auditions lamentables pour comprendre toutes les nuances comiques du jeu de la comédienne découverte dans Superbad). Son amour pour le cinéma et pour Los Angeles transparaît. D'ailleurs, tout le film est une ode à la Cité des anges et son industrie du rêve. 

La La Land (le titre fait référence à une expression anglaise qui désigne Hollywood) vous donnera envie de visiter Los Angeles, d'une part, mais aussi d'aller danser dans un club de jazz enfumé (et peut-être même faire quelques pas de claquette dans les rues en vous y rendant). Vous sortirez de cette salle de cinéma le sourire aux lèvres et le coeur léger. N'est-ce pas là la vocation première d'une comédie musicale?

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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