Affiche du film  ParaNorman
© Alliance Vivafilm

ParaNorman

Version en français
v.o.a. : ParaNorman
15 août 2012

Le sixième sens

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Coraline avait su attirer l'attention des cinéphiles à travers le monde grâce à ses images magnifiques et non conformistes ainsi que son ambiance lugubre qui effrayait même les adultes (j'ai des amies de près de 30 ans qui en font encore des cauchemars). La maison de production qui a donné vie à ce personnage maintenant célèbre; Laika Entertainment, propose maintenant une nouvelle aventure mettant en scène, cette fois, un petit garçon qui doit sauver sa ville contre une invasion de zombies. Profitant encore de la technique du « stop-motion » (animation image par image), le film renferme la même folie qui faisait le caractère de Coraline, mais sans son étrangeté et sa fantaisie, qui parvenaient à donner la frousse aux enfants de tous âges. ParaNorman est beaucoup moins effrayant que son prédécesseur. Malgré les morts-vivants, les sorcières et les fantômes, le long métrage d'animation ne parvient pas à envoûter son public comme la petite fille aux cheveux bleus l'avait fait. Peut-être est-ce là une bonne nouvelle pour les petits qui pourront écouter le film sans se cacher dans les jupes de leur mère.

La genèse de ParaNorman - même si moins originale que celle de Coraline - se révèle assez ingénieuse; une ville reconnue pour la chasse aux sorcières (du genre de Salem) est victime d'une malédiction qui réveille les morts. Le sort de cette bourgade est entre les mains d'un petit garçon qui possède un don surnaturel qui fait de lui un bizarroïde, considéré par tous comme un infréquentable. Le lien que parvient à faire le scénariste entre la chasse aux sorcières d'il y a 300 ans et l'intimidation dans les écoles aujourd'hui est plutôt impressionnant. Ce n'est pas deux conjonctures que l'on aurait associées d'emblée, mais de la manière dont l'introduit Chris Butler, la corrélation paraît évidente et même, finalement, indissociable. La peur est la thématique principale de cette oeuvre astucieuse; la peur d'autrui, la peur de s'affirmer, la peur d'être jugé, la peur de l'inconnu, la peur d'être incompris, tout ça sous le couvert d'une peur beaucoup moins cérébrale, celle des morts-vivants et des spectres.

La luminosité dans les images animées est l'une des qualités techniques que l'on remarque dès les premières scènes de ParaNorman, dommage que le 3D (encore d'une inutilité aberrante) vienne altérer tous les efforts de l'équipe artistique. Peut-être que si la technologie était bien maîtrisée (qu'elle ne dégradait pas la qualité de l'image et donnait une véritable impression de profondeur), elle avait sa raison d'être dans une production fantastique comme celle-ci, mais force est de constater que la troisième dimension au cinéma n'est pas un progrès d'une grande nécessité, ni d'une grande compétence.

Avec tous les développements au sein de la technologie du « motion capture » (capter les mouvements de personne réelle pour les transposer dans un univers virtuel), on peut se demander pourquoi certains créateurs s'entêtent à prendre des personnages de terre glaise et à les faire bouger précautionneusement jusqu'à avoir suffisamment d'images pour simuler le mouvement. En regardant Coraline ou ParaNorman, on peut comprendre l'intérêt d'une telle entreprise. Il y a une âme dans ces films, une personnalité que l'animation par ordinateur ne sait recréer.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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