Affiche du film  Nitro Rush
© Les Films Séville

Nitro Rush

Version originale en français
31 août 2016

Dérapage contrôlé

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Le premier Nitro avait amassé 3 433 873 $ au box-office lors de sa sortie dans les salles en 2007, un montant suffisant pour convaincre les producteurs et les institutions qu'une suite serait profitable. Les critiques de l'époque avaient été tempérées, comme l'histoire moyenne était pardonnée par un genre moins exploité au Québec, celui du film d'action, du film de chars. Rappelons qu'en 2007, trois films de la franchise Fast & Furious avaient pris l'affiche dans les cinémas et prouvé leur popularité chez nous, au Québec.

Sa suite, Nitro Rush, n'apporte malheureusement rien de plus que ce que son prédécesseur nous avait déjà proposé neuf ans plus tôt. Même si le nouveau film s'intéresse davantage à l'action qu'aux courses de voitures, les mêmes problèmes se retrouvent à l'écran. Un surjeu grinçant de la part des acteurs principaux, une histoire décousue et improbable, de bons sentiments à la pelletée et des personnages loufoques qui ont du mal à trouver leur place au sein d'un récit sans queue ni tête.

Bien qu'il s'agisse d'un divertissement pur et dur, et qu'on puisse pardonner beaucoup sur le compte de la légèreté et du plaisir sans prétention, la trame narrative de Nitro Rush repose sur tellement de coïncidences et de décisions inconséquentes des protagonistes que l'ensemble finit irrémédiablement par flirter avec le ridicule. Le personnage de l'Avocat (qui était joué par Martin Matte dans la mouture originale), qui donne dans la piraterie informatique après le trafic d'organes, n'est pas crédible, tout comme cette femme fatale qui allume des chandelles en string (Madeleine Péloquin) et ce fugitif (Guillaume Lemay-Thivierge) qui enfonce une casquette sur sa tête et devient instantanément invisible aux yeux des autorités.

D'ailleurs, le jeu impassible de Lemay-Thivierge finit par devenir agaçant. Il est difficile pour le spectateur de s'attacher à ce dur à cuire sans émotion (hormis celles qu'il éprouve pour son fils unique qu'il tente de protéger). Un tout petit peu de nuances aurait pu permettre au public de s'identifier davantage à ce père aimant et téméraire.

On peut probablement comparer Nitro Rush à plusieurs films d'action américains sortis sur nos écrans au cours des dernières années. Le film d'Alain Desrochers n'est pas meilleur ni pire que les The MechanicJack Reacher, Olympus Has Fallen ou tout autre volet de la franchise Fast & Furious. Si ce genre de films shootés à l'adrénaline vous plaît, vous ne risquez pas d'être particulièrement déçu par Nitro Rush. Le produit québécois est en plusieurs points comparable à l'offre américaine. Le problème, c'est que l'offre américaine n'est pas particulièrement pertinente.

Malgré tout, les cascades et les chorégraphies des combats sont impressionnantes, tout comme l'exécution de celles-ci par les comédiens, et un effort louable a été déployé afin de construire une finale surprenante (reste juste à garder l'intérêt jusqu'à la fin...).

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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