Affiche du film  Need for Speed
© Walt Disney Pictures Canada

Need for Speed

Version en français
v.o.a. : Need for Speed
14 mars 2014

Quand est-ce qu'on arrive?

Photo Par Karl Filion

Toujours soucieuse de combler les attentes de son public, Hollywood s'est inspirée du succès rencontré par la franchise Fast & Furious et de celui rencontré par les jeux de la série Need for Speed (lancée sur consoles en 1994) pour créer un long métrage qui a autant d'originalité que possible lorsqu'on s'inspire de deux franchises qui ont plus de dix ans chacune, c'est à dire... aucune. Donc, même si le film est « à la hauteur » des attentes, ce n'est pas nécessairement une bonne chose puisque dans ce cas-ci, les attentes sont extrêmement bien balisées.

Voilà le genre de film qui ne s'encombre pas de cette chose qu'on appelle « cohérence ». Qu'on parle de cohérence narrative, légale, ou même des lois de base de la physique, tout ça n'a aucune importance dans la tête des créateurs. Cependant, il est de notre avis que pour créer une véritable tension, voire des émotions fortes, il faut que le contexte soit plausible, et franchement, Need for Speed risque d'en exaspérer plus d'un avec ses « raccourcis », qui sont en fait des tricheries scénaristiques visant à créer de toutes pièces de faux moments de tension (la vie des héros n'est jamais véritablement en danger, ce sont les héros d'un blockbuster hollywoodien) rapidement contournés.

Réalisé par l'ancien cascadeur Scott Waugh, le long métrage a comme simple mission de faire rouler des voitures (en nous donnant l'impression qu'elles vont) vite. En ce sens, mission accomplie. Il y a même un certain charme à voir des véritables voitures courser dans ce qui semble être de véritables décors - l'apport du CGI étant soit minimal, soit particulièrement bien intégré. Une dose d'humour est aussi la bienvenue.

De plus, les deux acteurs principaux, Aaron Paul et Imogen Poots, démontrent suffisamment de charisme pour rendre leur cavale et leur histoire d'amour (*roulement des yeux*) intéressante malgré tous ces revirements stéréotypés. On ne peut en dire autant de Michael Keaton, dont le rôle risible est limité à une chaise et à une webcam, et de Dominic Cooper, dont le méchant est un simple antagoniste sans véritable trame. On ne peut malheureusement pas dire que les personnages, même le héros Tobey Marshall, soient d'authentiques vecteurs d'émotions puisque la mise en contexte du film est plaquée et basée sur d'autres stéréotypes (problèmes d'argent, accident mortel, amitié indéfectible).

La comparaison avec la franchise Fast & Furious est inévitable, et Need for Speed se place en milieu de peloton, tirant des meilleurs volets leurs scènes d'action efficaces et leurs voitures rutilantes, et empruntant aux pires volets leurs invraisemblances, leurs clichés et leurs interprètes maladroits. Ni réussi, ni véritablement raté, Need for Speed passera sur les écrans et dans les mémoires aussi vite qu'une Mustang Shelby GT500.

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Photo Karl Filion

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