Affiche du film Yes Man
© Warner Bros. Pictures

Monsieur Oui

Version en français
v.o.a. : Yes Man
20 décembre 2008

C'est une bonne question

Photo Par Karl Filion
Jim Carrey a fait ses étirements faciaux et est prêt à reprendre sa place de roi de la comédie physique américaine. Les prémisses sont simples et rappellent dangereusement Menteur, menteur, mais tant pis. Assez convenu, assez simple, mais certainement pas mal fait, Monsieur Oui ajoute un peu de romance à une comédie classique qui a au moins le mérite d'explorer à peu près toutes ses possibilités. C'est étrange à dire, mais c'est « intéressant »; intéressant de voir comment les scénaristes mènent leur récit, intéressant de voir Jim Carrey de retour au sommet de sa forme et intéressant de voir que même de la psychologie à 5 cennes peut donner quelques fort jolies scènes.

Carl Allen préfère rester chez lui et regarder 300 que de sortir avec ses amis; que ce soit son patron geek Normand ou son ami nouvellement fiancé Peter. Carl Allen dit « non » à tout le monde, et il est malheureux. Un jour qu'il est traîné par un vieil ami dans une conférence, un mystérieux gourou (Terrence Stamp, complètement fou) le convainc que de dire « oui » à tout rendra sa vie meilleure. Carl accepte le pacte, ce qui le mènera à rencontrer une jolie jeune chanteuse, Allison, qui adore les gens spontanés.

Malgré ce qu'on pourrait croire à première vue, Monsieur Oui recèle de quelques jolies surprises, qui vont de la délicieuse Zooey Deschanel à une sorte de romantisme dynamique qui est vraiment beau à voir. Le rythme est étonnamment bon, les acteurs tous très à l'aise et les situations, même si elles sont régulièrement assez convenues, trouvent toujours un petit quelque chose d'original qui permet au film de déclencher des rires francs et réguliers.

Plus le film avance, cependant, plus le véritablement problème est apparent : si dire « oui » à tout rend la vie de Carl meilleure, quel est le problème? Quel intérêt de faire un film si tout va bien? Les scénaristes Nicolas Stoller (Oublie Sarah Marshall), Jarrad Paul et Andrew Mogel trouvent une solution surprenante et amusante à cette petite anicroche scénaristique qui aurait pu faire dérailler tout le projet. Cela ne fait pas un grand film, non, mais une honnête comédie qui fonctionne bien.

Carrey offre certainement l'une de ses meilleures performances en carrière, d'autant que le film, conscient de cette nouvelle mode, saute à pied joints dans la culture populaire et devient référentiel, parodiant Harry Potter et bien d'autres. Le déroulement est prévisible, mais à chaque scène, le film parvient à ajouter un petit quelque chose qui surprend même si ce film, pris au premier degré, est moralisateur au possible. Un scénario consciencieux qui ne prend personne pour un imbécile, c'est la base d'une bonne comédie. La preuve aussi que les clichés ne sont pas toujours une mauvaise chose lorsqu'on les utilise comme d'un tremplin plutôt que comme une finalité.

Est-ce que Monsieur Oui aurait pu être meilleur, différent, plus, moins, mieux, pire? Oui. Est-ce que Jim Carrey est en suffisamment bonne forme pour porter le film sur ses épaules? Oui. Ses fans seront-ils comblés? Oui. Voyez, pour avoir la bonne réponse, l'idée, c'est de poser la bonne question.
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Photo Karl Filion

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