Affiche du film  Mission Dindons
© Les Films Séville

Mission Dindons

Version en français
v.o.a. : Free Birds
30 octobre 2013

Front de Libération de la Dinde

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Au printemps dernier, quand j'ai lu le synopsis de ce film d'animation, je croyais qu'il s'agissait d'une blague. Je me demandais quel P.D.G. de compagnie de production avait accepté d'investir des millions dans cette histoire saugrenue. Parce que deux dindes qui voyagent dans le temps dans un oeuf géant pour épargner à leur espèce de devenir le plat de résistance de la fête de l'Action de Grâce, c'est plutôt saugrenu (mais ô combien génial!). Le titre québécois; Mission Dindons ne fait qu'augmenter la fraîcheur et la beauté de la chose.

On pouvait d'emblée imaginer que le film, avec ses ambitions burlesques, s'adresserait autant aux enfants qu'à leurs parents. Et c'est effectivement le cas. L'adulte s'amuse presque autant que sa progéniture. Même si le film contient nombre de répétitions inutiles et quelques longueurs - surtout dans la deuxième moitié -, Free Birds possède une délinquance qui s'apparente à celle de Shrek ou de Despicable Me (même si le film n'est pas aussi efficace dans son ensemble que ces deux derniers). L'un des principaux problèmes de Free Birds est son manque de constance. L'humour est très très efficace dans la première partie, mais diminue considérablement dans la seconde, accumulant les blagues maladroites et les redondances superflues.

Le personnage le plus attachant et amusant est sans contredit la jeune fille du président qui choisit la dinde que son père graciera cette année. Lorsque la petite entre dans l'avion présidentiel et introduit les membres du personnel à son nouveau meilleur ami la dinde, nous avons droit au meilleur moment du film (un bijou!). Le groupe de dindes idiotes qui ne croient pas le héros et qui s'empiffrent stupidement pensant que le fermier est un ami s'avère aussi tout à fait délicieux. Mais, tous ces moments savoureux ont lieu dans les premières quinze minutes. Après, ça se gâche - pas énormément, mais suffisamment pour que l'adulte perde l'intérêt.

Comme il est ici question de voyage dans le temps et que ce principe est difficile à expliquer sans y aller de complexes théories de scientifiques, Free Birds peut s'avérer plus difficile à comprendre pour les plus jeunes, surtout lorsque le personnage principal rencontre son alter ego du passé, du présent, du futur et du plus futur.

Bref, l'idée était brillante. Vraiment très absurde et possiblement plus composite que la plupart des oeuvres du même genre, mais brillante. Le titre de Front de Libération de la Dinde nous fait sourire, tout comme les différentes personnalités hétéroclites des dindons (comme Jake l'agent secret imbécile et Reggie l'oiseau perspicace qui a rapidement compris le subterfuge humain). Finalement, Free Birds arrive à nous faire passer un bon moment en famille. Le film ne traversera probablement pas l'histoire comme Shrek ou Despicable Me l'ont fait, mais il est un fier représentant des films d'animation caricaturaux qui s'adressent à un large public.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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