Affiche du film  Mince Alors!
© Axia Films

Mince alors!

Version originale en français
26 juillet 2012

Big is Beautiful

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Quand on est rendu à faire un film choral sur les régimes, sur les gens qui suivent des cures d'amaigrissement, on sait que l'on a exploité tous les sujets intéressants et/ou qu'on a été le dernier à piger dans le sac à idées. Peut-être que cette thématique commune de la perte de poids - qui touche tout de même toutes les femmes et bien des hommes - aurait pu être florissante si elle avait été exploitée de manière originale avec des personnages attachants et divertissants; peut-être, mais nous ne le saurons jamais puisque ce n'est définitivement pas le cas ici. Les individus qui peuplent l'univers de Mince alors! sont soit trop quelconques soit trop caricaturaux pour qu'on s'y retrouve.

Les situations manquent également d'harmonie. On passe sans entracte d'une crise cardiaque à une grosse coincée dans une baignoire ou d'un adultère à la jalousie d'un gigolo qui rêve de devenir chef cuisinier. La comédie se lance dans toutes les directions à la fois et ne réussit jamais à capter l'attention de son public assez longtemps pour l'intriguer. Le personnage instigateur de cette histoire inégale; une jeune femme légèrement rondelette qui travaille avec son mari infidèle dans leur entreprise de maillot de bain, reste tout de même la plus crédible et la plus charmante de la brochette. Lola Dewaere donne au moins un prétexte à la narration et lui permet de ne pas quitter le stade - tout de même peu glorieux - du désintérêt pour tomber dans l'insupportable.

On a tenté de faire rire les spectateurs en leur montrant des « gros » dans différentes situations gênantes; dans des piscines de boue, en train de faire de la gymnastique, du yoga, du magasinage avec des plus minces qu'eux, des défilés de mode, et j'en passe, mais le résultat est plus gênant que cocasse. Évidemment, aucune de ses situations n’a été développée dans le but d'humilier ou d'insulter les gens plus corpulents, mais ce traitement poli et raboteux empêche la comédie dramatique d'exhiber un humour acerbe qui aurait peut-être, à certains endroits, renforcé l'oeuvre.

La réalisation n'apporte rien, non plus, qui pourrait permettre à la production de se différencier au sein des nombreuses comédies françaises légères qui prennent l'affiche, tant chez eux que chez nous. Sans doute parce que la protagoniste est une designer, une dessinatrice de mode, les costumes et leurs couleurs vives sont difficiles à ignorer et ajoutent, quant à eux, un caractère carnavalesque au long métrage qui aurait pu être exploité davantage tant au niveau de la réalisation qu'au sein de la narration.

Le message que tente de transmettre ce film tourne autour de la prise de contrôle de sa vie, de l'acceptation (qui ne doit pas devenir de l'abnégation) de ce que l'on est et ce que l'on a envie de devenir. Une morale tout à fait convenable et inspirante, mais qui manque définitivement d'assises pour nous être efficacement transmise. Une femme qui humilie publiquement son mari malhonnête et une obèse qui décide de perdre du poids après une crise cardiaque ne sont pas des modèles suffisamment puissants pour qu'on s'y rattache.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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