Affiche du film Meurtre légitime
© Alliance Vivafilm

Meurtre légitime

Version en français
v.o.a. : Righteous Kill
10 septembre 2008

Injustifiable

Photo Par Karl Filion
De Niro et Pacino se donnent la réplique dans Meurtre légitime, un film qui a une histoire ridicule, un montage infect mais deux comédiens légendaires qui ne s'efforcent même plus de jouer la comédie. Ces policiers pourraient venir de n'importe quel autre film policier, comme ces deux-là en ont fait des dizaines. Deux grands acteurs qui ne sont plus l'ombre d'eux-mêmes peuvent-ils sauver de l'humiliation un film sans autre qualité? Apparemment, certains pensent que oui, si on suppose que le public les aime trop pour regarder le film en arrière-plan. Cette idiote idée de présenter le dénouement final dès le début du film - en se disant sans doute que le public, pas très intelligent, ne verra pas immédiatement la supercherie... Est-ce que quelqu'un pense vraiment que c'est lui le coupable? - montre à quel point on ne s'est même pas donné la peine d'offrir un divertissement qui se prend au sérieux. Et cela ne va pas en s'améliorant.

Turk et Rooster travaillent ensemble à la police de New York depuis une trentaine d'années. Les deux détectives sont affectés à l'enquête autour d'un tueur en série qui élimine les criminels lorsqu'ils sont libérés (déjà entendu ça quelque part?). Après avoir passé près d'une demi-heure à y penser, ils réalisent que le coupable pourrait bien être un policier (ils sont forts). Et... j'ai oublié ce qui se passe après. Je me souviens qu'il y a une femme (Carla Gugino) qui aime le sexe brutal et qui donc, logiquement (mais oui, c'est évident), frétille de plaisir quand on lui raconte que son amant a administré une solide correction à un méchant. Faut le faire.

Déjà que, niveau dramaturgie, le scénario laisse grandement à désirer, on s'est en plus permis de recycler les plus odieux clichés des films policiers sans leur ajouter de plus-value. Les seules choses qui auraient pu faire de Meurtre légitime un film digne de ce nom, en tout cas un peu différent de tous les autres, sont vite abandonnées au profit... d'on ne sait trop quoi, finalement. Des visites chez le psychologue ou un (bien plus légitime que les meurtres) questionnement moral sont vite délaissés pour quelques fusillades. Tellement prévisible. Et l'explication finale, tentative de justification ratée, vient ajouter l'insulte à l'injure... je l'ai déjà dit et le dirai encore : de qui se moque-t-on?

Même Robert De Niro et Al Pacino ne sont pas suffisamment convaincants pour raviver l'intérêt du film, qui va en décroissant au fur et à mesure que les meurtres sont présentés (ah oui! j'oubliais presque : ce petite montage ridicule à la fin qui nous dévoile qui tenait vraiment le fusil, on l'a déjà vu des centaines de fois). Le montage, impulsif et lourdaud, gâche vraiment tous les bons moments du film au nom d'une confusion artificielle, dernier recours d'un film dramatiquement faible.

Quand un film n'est pas réussi, il y a plusieurs leçons à tirer. Il y en aurait pour des heures, ici, mais une en particulier mérite une attention toute spéciale et nous rappelle que l'humilité est une vertu dans ce monde : être un grand acteur, c'est une chose quand on joue pour Coppola, Leone ou Scorsese, et c'en est une autre quand on joue pour Jon Avnet.
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Photo Karl Filion

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