Affiche du film Max la menace
© Warner Bros. Canada

Max la menace

Version en français
v.o.a. : Get Smart
19 juin 2008

Les films d'été

Photo Par Guillaume Fournier

Les pantalons se transforment en jupes, les souliers se métamorphosent en « gougounes », les festivals pullulent soudainement, les théâtres se démocratisent, les « blockbusters » envahissent les écrans et les comédies sortent des chaînes de montage cinématographiques à la tonne. Pour le meilleur et pour le pire, on se rapproche du soleil, la chaleur monte, on s'éloigne du septième ciel, et on doute un moment de la légitimité de l'appellation de septième art... Et on le fait avec enthousiasme, s'il vous plait!

Maxwell Smart (Steve Carell) est un analyste de Control, un organisme fédéral américain luttant contre le terrorisme. Beaucoup grâce à l'élimination massive des agents de la Control par un groupe terroriste nommé « Kaos », Max réalisera son souhait le plus cher en étant promu au grade d'agent sur le terrain. Accompagné de l'agent 99 (Anne Hathaway), Max tentera de mettre à jour et d'empêcher la réalisation des plans machiavéliques de Siegfried (Terence Stamp), le chef du groupe « Kaos », qui menace la sécurité américaine. Pour ce faire, il devra garder un oeil vigilant sur ses ennemis, mais encore plus sur ses amis...

Originalement créé pour la télévision par Mel Brooks et Buck Henry, Get Smart a été remis au goût du jour par Peter Segal (Naked Gun 33 1/3, Anger Management), un réalisateur à la filmographie quelconque. Disons-le immédiatement, Get Smart est la comédie burlesque contemporaine par excellence. Plutôt que de privilégier une approche « cérébrale » de l'humour - comme l'avaient fait les créateurs des excellentes comédies Superbad et The 40 Year-Old Virgin, par exemple - les créateurs de Get Smart ont préféré lancer sur la pellicule l'ensemble des blagues et situations comiques qui leur sont passées par la tête. Le résultat est prévisible, cacophonique et chaotique.

L'objectif premier de Get Smart se voulait de parodier les films d'agents secrets dans lesquels s'enchaînent sans pauses les clichés et autres déjà vus cinématographiques; voilà qui se défendait bien. OSS 117 avait déjà prouvé, par ailleurs, qu'un résultat plus que satisfaisant était bel et bien possible comme dénouement d'une telle ambition. Mais comment peut-on manquer de jugement et de créativité au point d'être incapable de produire, en réponse à tous ces clichés de films d'action, autre chose que des clichés humoristiques? Certes, il y a bien ça et là, dans Get Smart, quelques gags originaux et/ou savoureux qui font rire aux éclats, mais les sacrifices scénaristiques opérés pour permettre leur mise en scène sont tellement nombreux et démesurés que l'on ne fait plus, à leur suite, que sombrer d'incohérences narratives en incohérences narratives.

La réalisation de Peter Segal est purement navrante, voire incompétente, alors que le montage de Richard Pearson est truffé de choix douteux et de coupes désarmantes. Parfois (très rarement, mais tout de même), une réalisation parfaite jumelée à un montage avant-gardiste peuvent extirper du naufrage un projet bâti sur un scénario médiocre. Get Smart aura prouvé que le jugement d'un groupe de producteurs hollywoodiens peut parfois faire preuve de cohérence, et qu'il est effectivement du domaine du possible de distribuer de façon également désastreuse les différents rôles d'une même production.

La question se pose, enfin : une réalisation plus qu'approximative, un montage synonyme de « besoin de vacances », un scénario ridicule et un nombre effrayant de gags-clichés peuvent-ils effectivement contrecarrer le charisme des acteurs, et ce curieux besoin estival du spectateur de tout ordre de relâcher ses neurones et de rire un bon coup? Pas tout à fait. Get Smart est une autre de ces comédies insignifiantes qui se dissiperont avec le temps, et qui laisseront - au mieux - sur le visage du spectateur, un vague sourire, que l'on hésitera à attribuer au film en pensant à toutes ces jupes, ces jolies filles, ces festivals, ces terrasses, ces soirées magiques...

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Photo Guillaume Fournier

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