Affiche du film Drag Me to Hell
© Universal Pictures

Malédiction de l'enfer

Version en français
v.o.a. : Drag Me to Hell
29 mai 2009

Le remède

Photo Par Karl Filion

Il est possible que les fans de la première heure de Sam Raimi aient été légèrement déçus par la trilogie Spider-Man, beaucoup plus populaire et familiale que ses Evil Dead et Army of Darkness. Avec Malédiction de l'enfer, aucun doute qu'ils retrouveront les mêmes idées farfelues et la surenchère qui en a fait le succès il y a déjà bien des années. Un épique combat dans un stationnement souterrain vient d'ailleurs rappeler que le rire est un bon remède au malaise, et que le succès d'un film d'horreur passe surtout par une technique sans faille que par un récit porteur de sens.

Christine Brown reluque le poste d'assistante-gérante de succursale dans la banque où elle travaille. Afin de montrer à son patron qu'elle peut prendre des décisions difficiles, elle refuse à une vieille gipsy âgée un délai sur son hypothèque. Humiliée, cette dernière lui jette un maléfice qui va prendre possession de son âme d'ici trois jours si elle ne parvient pas à s'en débarrasser. En attendant, Christine doit affronter des visions d'horreur de la vieille dame revenue la hanter.

Le plus grand mérite de Raimi est d'avoir su utiliser les mêmes vieux trucs des films d'horreur (musique omniprésente (et parfois agaçante, d'ailleurs), sursauts, silhouettes, bruits mystérieux...) dans une ambiance complètement déjantée. Tout est prétexte à l'exagération, que ce soit une vieille dame amatrice de deep throat fisting ou un sacrifice de chèvre, et Raimi développe vite une obsession pour les liquides visqueux et gluants et les insectes. Une obsession qui enrobe sont film d'une sorte d'aura burlesque que les effets spéciaux, de qualité minimale, viennent renforcer. C'est une longue, longue blague, ce Malédiction de l'enfer, c'est une sorte de mise au défi que de surpasser à chaque fois la scène précédente. Une sorte de « t'es pas game, Sam. »

Raimi ne se donne même pas la peine de bâtir une mythologie ou une intrigue stimulante; il mise tout sur les « effets de genre » qui font le bonheur des fans de films d'horreur pseudo-affectés des années 70 et 80, incluant une morale simpliste. Le mélange qui en découle est tout de même assez stimulant : on rit de bon coeur autant qu'on sursaute à plusieurs reprises devant les efforts de Christine (une Alison Lohman parfaite pour le rôle) pour se sauver de la chèvre satanique. Cela pourrait bien être à un renouveau de l'horreur auquel on assiste; l'horreur serait en fait devenu conscient de lui-même et aurait accepté d'en rire. Si on ne peut rire de soi, dites-moi, qui le fera?

Dommage que le film traîne parfois en longueurs et souffre de plusieurs répétitions. La trame narrative comporte aussi quelques failles, mais l'objectif principal est tout de même atteint : effrayer et faire rire. L'identification aux personnages (parce que Lohman a vraiment l'air de « la gentille voisine ») est forte et les enjeux simples, on se laisse donc prendre au jeu pratiquement jusqu'à la fin. Malheureusement, le ressort final n'est déjà plus une surprise pour personne à ce moment-là, et on voit la fin arriver plutôt comme un soulagement que comme une surprise. Ça commençait à traîner un peu.

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Photo Karl Filion

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