Affiche du film  Mad Max : La route du chaos
© Warner bros. Canada

Mad Max : La route du chaos

Version en français
v.o.a. : Mad Max: Fury Road
14 mai 2015

Visions de l'apocalypse

Photo Par Martin Gignac

N'en déplaise à Steven Spielberg et son vénérable Indiana Jones, c'est le Mad Max de George Miller qui a littéralement inventé le film d'action moderne. C'était en 1979 et depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts avec les sorties de Die Hard et The Matrix. Après un deuxième tome encore plus réussi et un troisième catastrophique avec Tina Turner (ceci explique peut-être cela) qui a presque tué la série, le cinéaste s'est concentré sur des longs métrages pour toute la famille comme le second Babe et les deux Happy Feet. Le voici ENFIN de retour pour réclamer sa couronne. Face à ce papy de 70 ans, Michael Bay et compagnie ne font tout simplement pas le poids.

À l'image de ses prédécesseurs, Fury Road se déroule toujours dans un désert dévasté où règnent les meurtres brutaux et les gangs enragés. L'or bleu et noir sont des ressources rares et même Max (Tom Hardy) ne peut rien faire face au plus grand des tyrans. Enchaîné à une voiture, il arrive pourtant à sauver sa peau et, comme dans les meilleurs westerns, décide de venir en aide à un groupe de femmes qui est dirigé par une impératrice peu loquace (Charlize Theron).

Ce scénario classique n'est évidemment qu'un prétexte à une avalanche de poursuites spectaculaires. L'action est constante pendant deux heures et si cette montée d'adrénaline risque d'en épuiser quelques-uns, elle sera une véritable libération pour les autres. Les explosions se succèdent à un rythme endiablé et l'exagération ne peut que remplir de bonheur. L'humour très noir semble sortir du premier Sin City et le ton particulier évoque l'univers des bandes dessinées et celle des Looney Tunes. Avec une bonne dose d'hémoglobine qui est relevée par d'efficaces effets en trois dimensions.

Les affrontements viscéraux de ce métal hurlant sont les véritables héros de ce répétitif divertissement calibré au millimètre près qui passe à un cheveu de tourner à vide. Les éléments se déchaînent sur les bolides, offrant au passage quelques foudroyantes visions chaotiques où les tornades de sable emportent tout sur leur passage. En esthète virtuose, Miller contrôle parfaitement la lumière et le son, créant des orgies de bruits et des morceaux de bravoure à rendre jalouses toutes les productions de Marvel de ce monde.

La finition est si impressionnante qu'elle relègue les personnages dans l'ombre. On sait depuis le méconnu Locke que Tom Hardy adore conduire et il possède la gueule de l'emploi. Il fait toutefois pâle figure à côté de Mel Gibson qui personnifiait à la perfection le héros des précédentes aventures. C'est plutôt la méconnaissable Charlize Theron qui trouve les scènes les plus intéressantes. Le reste de la distribution, plus que respectable, sert parfois de faire-valoir à l'ensemble.

Devant toute cette furie et ces créations sanguinolentes de la fin du monde, il est facile d'oublier que l'effort carbure aux causes nobles. Il est question de dérèglements climatiques, de luttes pour l'eau et le pétrole et du capitalisme primesautier où la fin justifie constamment les moyens. Le tout est saupoudré de leçons sur la survie, la nécessité de travailler en équipe et même d'une réflexion féministe sur l'avenir de l'humanité. Pas mal pour quelque chose que beaucoup prendront au premier degré.

Sans combler totalement les attentes (c'était impossible avec ces bandes-annonces qui sont de l'ordre du nirvana) et déloger Mad Max 2 dans le coeur des cinéphiles, Fury Road rendra bouche bée les amateurs de la série et les spectateurs qui aiment les sensations fortes. Il n'y a rien eu d'aussi décoiffant sur les écrans depuis des lustres. Et dire que plusieurs suites sont déjà en gestation!

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Photo Martin Gignac

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