Affiche du film Ma tante Aline
© Alliance Atlantis Vivafilm

Ma tante Aline

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Ma tante Aline
18 juillet 2007

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Photo Par Karl Filion
Au fond, Ma tante Aline n'a qu'un seul défaut : celui d'être une comédie. Avec un réalisateur d'expérience qui sait apparemment ce qu'il fait, un scénario cohérent et une distribution qualifiée, Ma tante Aline a les outils qu'il faut pour rejoindre son public. C'est même étonnant de constater que le film n'est jamais suffisamment pétillant et vigoureux; malgré toutes les couleurs, la danse et le chant. En fait, le film est étrangement inefficace et peu charismatique.

On a fait des centaines de films sur le choc des générations. La rencontre entre deux mondes, deux univers que tout oppose. Si le potentiel comique de la plupart de ces rencontres est impressionnant, celui de Ma tante Aline atteint vite ses limites. Parce que le film est un drame qui ne s'assume pas. Mettez la faute sur la saison estivale ou sur la promotion du film, toujours est-il que les moments d'humour semblent forcés et tombent donc à plat. Une scène de danse hip hop atteint d'ailleurs des sommets de futilité et de ridicule.

Aline Saint-Louis n'a plus qu'un seul recours pour éviter d'être placée dans un foyer : une nièce carriériste qu'elle n'a pas vue depuis des années, Geneviève. Cette dernière accepte à contrecoeur d'héberger cette vieille tante, au détriment de son amant, Pierre-Alexandre, qui ne demande qu'à s'engager. Tout ça pendant que l'employeur de Geneviève mène une campagne de levée de fonds, dont Aline, par un concours de circonstances, deviendra la porte-parole.

Ma tante Aline explore avec légèreté des sujets pourtant très lourds. Le vieillissement, la solitude, l'abandon. Ne nomme-t-on d'ailleurs pas L'insoutenable légèreté de l'être dans un autre de ces malentendus supposément drôles? Le film aurait mieux fait de miser sur la pesanteur, c'est là qu'il avait le plus de qualités, parce que l'humour ne vole pas très haut.

Les dialogues du scénario sonnent pourtant bien dans la bouche d'interprètes compétents. On n'avait jamais vu Béatrice Picard dans un rôle d'aussi grande envergure au cinéma. La dame de théâtre a l'énergie qu'il fallait pour danser et chanter dans un assemblage de couleurs et d'époques, même si la plupart des situations dans lesquelles on l'empêtre ne lui rendent pas justice. Sylvie Léonard a le talent qu'il faut pour séduire, même si elle a déjà joué ce personnage cent fois.
Rémi-Pierre Paquin se découvre un petit côté tendre pas particulièrement probable, mais il n'est pas mauvais non plus.

La finale assume enfin l'aspect dramatique de l'histoire; mais c'est trop peu, trop tard. Comme ses décors minimalistes des reconstitutions historiques, le film a un aspect factice, délibéré ou non, qui ne s'efface plus même derrière l'émotion à fleur de peau que veut suggérer la conclusion.


Il y a certainement un public pour ce type de film québécois, la question n'est pas là. Il faut plutôt se demander si on le convaincra de délaisser les centres d'achats pour les salles de cinéma. Au moins, les deux ont « l'air conditionné ».
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Photo Karl Filion

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