Affiche du film Les hommes qui regardent les chèvres
© Les Films Séville

Les hommes qui regardent les chèvres

Version en français
v.o.a. : The Men Who Stare at Goats
5 novembre 2009

Les Jedi

Photo Par Karl Filion

Les hommes qui regardent les chèvres aurait sans doute pu être la meilleure comédie de l'année. On devine un potentiel immense, qui s'avère finalement fort peu exploité, sans qu'on puisse vraiment expliquer pourquoi. Les comédiens sont talentueux et ont certainement le sens du comique, le sujet est riche, la satire efficace et l'allure visuelle fort satisfaisante. Pourtant, on ne ressort du film qu'à demi-satisfait, comme si on s'attendait à plus.

Alors qu'il est abandonné par sa femme, le journaliste Bob Wilton décide de partir pour l'Irak afin de couvrir la guerre qui y fait rage. Il fait la rencontre accidentelle de Lyn Cassidy, un voyant qui utilise la force de son esprit pour combattre le terrorisme. Croyant être en mission, ce dernier traîne Bob avec lui dans le désert, où ils sont finalement capturés. Mais afin d'aider Bob à mieux comprendre ce programme spécial de l'armée américaine qui entraînait les gens comme lui, Lyn lui raconte ses années passées dans l'unité du commandant Bill Django.

Comme je l'ai dit : on voit tout de suite l'immense potentiel de cette histoire, d'autant qu'on sait que le parti-pris est celui de la satire et de la parodie. Faire la guerre avec la paix, les fleurs et le LSD et bien sûr l'immense naïveté des personnages, profondément convaincus de leurs pouvoirs malgré les apparences souvent trompeuses, voilà qui est d'un immense potentiel comique. Cela fonctionne pour quelques blagues - et certaines d'entre elles sont vraiment très très bonnes - mais cela ne tient pas la route jusqu'à la fin. On l'a peut-être senti à l'écriture, si bien qu'on semble avoir ajouté quelques blagues plus physiques qui s'intègrent très mal au film. Déjà que l'histoire n'était pas des plus rigoureuses...

Les performances inspirées des comédiens principaux, George Clooney et Ewan McGregor, sont cependant d'une grande efficacité, malgré le manque de direction de l'ensemble. Clooney serait cabotin s'il n'était pas si efficace dans ce rôle de grand niais qu'il incarne régulièrement au cinéma. McGregor, plus dédié, convainc lui aussi, tout comme Jeff Bridges, qui semble bien s'amuser. On ne peut pas dire cependant qu'ils atteignent la moindre harmonie, et l'humour, dans Les hommes qui regardent les chèvres, est presque exclusivement individuel : chacun son tour, ils ont leur quinze minutes de gloire.

Le scénario est donc conçu pour faire la belle part aux quatre comédiens (en ajoutant Spacey, assez ennuyant) tour à tour, de manière presque équivalente, et miser sur leur statut de vedettes. On aurait mieux fait de miser sur leur complicité. Le rythme du film en est donc grandement affecté, et les nombreux flash-backs ont un intérêt intermittent. Le film trébuche quelquefois alors que les personnages n'ont pas l'occasion de démontrer leurs capacités ou qu'ils se tirent miraculeusement d'affaire. Même le ton satirique n'y fait rien, on fronce des sourcils plutôt que d'éclater de rire.

La moitié des dialogues sont vivants et visent juste, l'autre moitié rate complètement la cible dans ce qui s'avère être une surenchère de gags physiques misant sur l'opposition simpliste entre l'armée et les hippies. Ça fonctionne pendant quelques minutes, mais après un moment, on a vite perdu tout intérêt.

Reste que Les hommes qui regardent les chèvres n'est pas raté ou désagréable, il n'est simplement pas à la hauteur de son potentiel. Ce qu'il promet surpasse grandement ce qu'il livre. C'est toujours là qu'on trouve les plus vives déceptions : en voici une vraie.

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Photo Karl Filion

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