Affiche du film  Les griffes de la nuit
© Warner Bros. Canada

Les griffes de la nuit

Version en français
v.o.a. : A Nightmare on Elm Street
30 avril 2010

Cauchemar dans la rue des Ormes

Photo Par Karl Filion

Il est toujours délicat (pour moi) d'aborder un nouveau film d'horreur, parce qu'à chaque fois cela ne fait que creuser le fossé entre « eux » et moi. Je commence à comprendre (je sais, je sais, il était temps!) que je ne les comprends pas. Je suis persuadé qu'il est possible de faire peur au cinéma (l'acte d'audio-voir un film dans une salle obscure avec d'autres spectateurs est la mise en situation parfaite) mais pas de la manière qu'ont choisie ces remakes et reboots semblables les uns aux autres et qu'on s'obstine à recycler sans succès. Dans ce cas-ci, je n'ai pas vu l'original. Cela ne m'intéresse pas (du tout). Je ne sais pas s'il était mieux ou pire, ou différent ou pareil, ou subversif ou réactionnaire, et, franchement, en toute honnêteté, en toute humilité, cela ne change rien au ridicule de celui-ci. Il faudrait peut-être se dire que les temps changent, tout simplement.

Une adolescente d'une petite ville des États-Unis et ses compagnons d'école sont aux prises avec d'affreux cauchemars où un homme terrifiant répondant au nom de Freddy les pourchasse avec sa main griffée. Persuadée qu'il s'agit là d'un relent de son passé, Nancy décide de mener une enquête afin de faire la lumière sur cette histoire meurtrière, tout en restant éveillée.

Voir des adolescents (toutes de très belles personnes) courir partout en criant, c'est déjà relativement difficile à justifier comme plaisir. Quand ils sont en plus des idiots, cela gâche vraiment tout. Énumérer toutes les décisions « discutables » qu'ils prennent est déjà une tâche ardue, il faut en plus examiner le scénario, qui impose des tas de raccourcis qu'il faudrait accepter sans broncher au nom du « genre ». Essayons quand même d'en énumérer quelques-uns : on sait que les cellules de la prison sont filmées, pourquoi aucun adulte ne remarque-t-il quoi que ce soit?; d'accord pour mentir à ses enfants sur un sujet aussi délicat, mais quand trois de leurs amis ont été décapités, ne vaudrait-il pas mieux tout leur avouer plutôt que de les laisser s'enfuir (on ne sait trop comment) d'un hôpital pour faire la lumière sur cette affaire? Oui la peur, oui l'effroi, oui les usines désaffectées, mais il faut que cela tienne, surtout lorsque le monde qu'on essaie de bâtir est autant voué au « réalisme ».

Déjà que le concept des « rêves » (qui permettent, c'est vrai, une plus grande liberté narrative car les « changements impromptus de décors » sont justifiables) est incomplet lorsqu'il traverse vers la réalité (rêve pas rêve, comme peut-on être transpercé pendant son sommeil?). D'autant que le maniaque qui les pourchasse est à peine esquissé à travers un flash-back un peu bidon; on aurait aimé en savoir plus, mieux le connaître. Il nous aurait effrayés bien davantage.

Jacke Earle Haley (Little Children) est un acteur talentueux, mais il est cette fois-ci réduit aux poncifs du genre, soit grosse voix et force surhumaine (personne ne pense à le confronter le moindrement? certains de ces jeunes sont assez musclés). Ses covedettes sont compétentes, sans plus, dans ce qui s'avère être une interprétation qui consiste plutôt à « être là » qu'à « faire quelque chose ». « Pas grave, c'est de l'horreur, on n'est pas là pour ça »? C'est là qu'est le problème. Si les films super-héros sont redevenus des films de qualité, c'est parce qu'on les a pris au sérieux, justement.

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Photo Karl Filion

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