Affiche du film  Les bons gars
© Warner bros. Canada

Les bons gars

Version en français
v.o.a. : The Nice Guys
19 mai 2016

Le duo moustachu

Photo Par Martin Gignac

Les scénaristes utilisent généralement les mêmes processus d'écriture. Le dada de Shane Black a toujours été les duos dépareillés et c'est ce qui a fait sa marque de commerce sur les deux très bons premiers Lethal Weapon et les plus oubliables The Last Boy Scout, Last Action Hero et The Long Kiss Goodnight.

Le cinéaste renoue avec cette obsession sur son jubilatoire The Nice Guys où il réunit un détective privé (Ryan Gosling) et un spécialiste du châtiment corporel (Russell Crowe) sur la trace d'une jeune femme disparue. Ces êtres qui passent leur temps à se chamailler représentent l'ADN du film et ils sont particulièrement ébouriffants. Ryan Gosling souffre du début à la fin et il offre une prestation physique étincelante. Russell Crowe est plus ours que jamais et il est impressionnant dans son premier véritable rôle humoristique. Entre ces messieurs sans classe se dresse Angourie Rice, une jeune adolescente vraiment talentueuse qui agit en tant que conscience du long métrage.

Celui-ci se déroule à Los Angeles en 1977, à une époque viciée et sans morale. Les codes du film noir sont déboulonnés avec un plaisir évident. Tour à tour on se moque - ou on rend hommage - de Chinatown, Ellroy, Marlowe et même Boogie Nights. Un immense insecte défile à l'écran comme chez Burroughs, Nixon vient y faire son tour et il y a même la fade Kim Basinger. Sa présence ne peut que rappeler le brillant L.A. Confidential où elle partageait la vedette avec Crowe qui y interprétait un personnage similaire. Tout cela n'est toutefois pas nouveau : Paul Thomas Anderson étant déjà passé par là récemment avec son incompris et si fascinant Inherent Vice.

Plus accessible, divertissant et consensuel, The Nice Guys privilégie l'humour à l'état pur. L'histoire n'a guère d'importance si l'ambiance comique y règne. Et les rires sont nombreux. Un peu comme dans le culte The Big Lebowski, le récit va dans toutes les directions et il multiplie les scènes étonnantes. Les séquences irrésistibles se succèdent au tournant, offrant quelques-uns des gags les plus désopilants de l'année.

Mais après avoir bien ri, qu'est-ce qu'il reste? Un effort parsemé de creux scénaristiques et de remplissages qui finit par s'essouffler. Des dialogues brillants qui ne sont pourtant pas aussi mémorables que ceux de Kiss, Kiss, Bang, Bang du même auteur. Une avalanche d'action, de poursuites et d'affrontements (principalement dans le dernier tiers, moins convaincant) qui ne valent en rien les moments plus cocasses et qui sont réalisés mollement (surtout si on les compare à Iron Man 3, précédent ouvrage de Black).

Porté par les délirants Ryan Gosling et Russell Crowe, The Nice Guys est un film souvent hilarant. La bonne humeur y est constante et il y a même quelques morceaux d'anthologie. Ce n'est cependant pas suffisant pour y prendre son pied complètement tant il n'y a finalement rien derrière ces rires. Que du vent qui s'estompe rapidement.

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Photo Martin Gignac

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