Affiche du film  Les âmes vagabondes
© Les Films Séville

Les âmes vagabondes

Version originale en français
v.o.a. : The Host
29 mars 2013

Ne former qu'un

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Stephenie Meyer, auteure de la maintenant célèbre série Twilight, a cette fâcheuse tendance à en faire trop. Le triangle amoureux du vampire, de l'humaine et du loup-garou devient maintenant celui d'une humaine, d'une extraterrestre (qui ressemble à un boule de ouate scintillante dans sa forme primaire) prisonnière du corps de la première et de deux jeunes hommes - ça ne pouvait pas être simple! Mais, avouons-le, l'histoire n'est pas ce qui prévaut vraiment; on veut de beaux adolescents qui s'aiment et on ne veut pas que leur union soit facile, il faut des embuches à surmonter et quelques séquences passionnées, impossibles dans la réalité.

Malgré le cynisme de cette introduction, on doit avouer que le film The Host est beaucoup plus efficace que sa version papier. Dans le livre, lorsque Melanie et Wanda parlementent, il persiste une lourdeur et une inconstance (on ne sait jamais vraiment laquelle s'adresse à l'autre) qui n'est pas présente au cinéma en raison de la magie du son et de l'image. Bien que cette voix hors champ et ce protagoniste schizophrène qui se parle à lui-même ont de quoi déstabiliser le spectateur, la technique Dr. Jekyll and Mr. Hyde s'avère tout de même suffisamment bien appliquée pour qu'on finisse par oublier l'absurdité de la situation. Même chose pour les verres de contact lumineux qui dérangent d'abord, mais finissent par devenir convenus.

Esthétiquement, le film s'en tire assez bien. L'aspect très métal, très dur et soigné du quartier général des âmes répond à l'image que se fait le public de cette espèce extraterrestre sans émotion et, à l'opposé, le repère des survivants dans des grottes au milieu du désert correspond aussi à la description du groupe. Les décors parfois trop artificiels (on peut aisément s'imaginer le studio dans lequel ont été tournées les scènes) dérobent à l'histoire une certaine part de réalisme, mais, comme tout le reste, on finit par accepter ce qui d'abord nous titille en se disant que le public cible n'y verra que du feu.

Parce que cette invasion extraterrestre, cette race qui s'empare du corps et de l'esprit des hommes pour faire de notre planète un monde parfait, est intéressante et invitante pour les adolescentes. L'amour prend évidemment une place prépondérante au sein de la production, un amour inébranlable que même la mort ne peut réfréner; un amour auquel les jeunes femmes rêvent et espèrent. Saoirse Ronan et Max Irons forment un couple enviable, aussi attirant que l'étaient Stewart et Pattinson. On remet encore ici en doute l'utilité de Jake Abel, beaucoup moins charismatique que Irons et de ce fait, moins efficace (la beauté physique et le charisme sont tout de même des données importantes dans ce genre de production).

The Host aurait pu être de la qualité de Hunger Games, mais l'obstination de se coller aux écrits de Meyer à tout prix (même aux dépens d'une rationalité narrative) en font une oeuvre respectable, sans plus. The Host prêche dans l'excès (on a même ici upgradé le triangle à quatre actants plutôt que trois), mais comme Twilight est maintenant une franchise milliardaire, peut-être que l'excès est ce qui convient aux adolescent(e)s d'aujourd'hui.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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