Affiche du film  Les âmes silencieuses
© Les Films Séville

Les âmes silencieuses

Version en français
v.o.a. : The Quiet Ones
25 avril 2014

La petite fille aux cheveux noirs qui faisait peur

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Les films d'horreur en found footage, avec une caméra à l'intérieur de l'histoire (et, dans ce cas-ci, à l'extérieur également), sont très populaires depuis quelques années. Ils permettent de produire un film d'épouvante de qualité professionnelle avec un budget dérisoire. Paranormal Activity est à l'origine de cette nouvelle tendance, utilisée, entre autres aussi, dans The Blair Witch Project à la fin des années 1990. Beaucoup de films de ce type sont produits à Hollywood (principalement parce qu'ils arrivent tous, ou presque, a enregistrer un profit), et, malheureusement, ils ne sont pas tous excellents. The Quiet Ones ne fait pas partie des oeuvres les plus marginales et arrivistes du genre. Le film d'horreur est convenu, et tend dangereusement, surtout en fin de parcours, vers le ridicule.

L'idée de départ était pourtant assez prometteuse (dans les limites et les contraintes du genre); un groupe de chercheurs (deux étudiants, un caméraman et un professeur) dans les années 1970 font une étude avec une patiente malade qu'on dit possédée par un esprit malveillant. Convaincu qu'elle a elle-même créé cet esprit et qu'aucune entité n'a pris possession de son jeune corps, il s'efforce de la guérir et ainsi faire des avancées significatives dans la cure de la maladie mentale. Évidemment, comme on s'en doute dès l'énonciation de la prémisse, ils se trompaient et la malade est véritablement contrôlée par un fantôme.

Les premières manifestations de l'esprit sont plutôt terrifiantes. Le montage sonore apporte une ambiance inquiétante à la scène, nécessaire pour qu'on sursaute comme escompté. C'est davantage vers la fin, lorsque l'entité manifeste sa colère de manière tangible que les choses prennent une tournure plus risible qu'effrayante. Le fait que la protagoniste, la patiente (une jeune femme au regard vide et aux longs cheveux noirs; c'est presque devenu un impératif dans ce genre de films), démontre son attirance physique pour le caméraman et que ce dernier développe un semblant de sentiments pour celle qui rit comme une sorcière et qui arrache les cheveux blonds d'une poupée et prétendant qu'elle est plus à l'aise ainsi, est absurde et aussi plutôt burlesque.

Quoiqu'on se demande pourquoi le cadreur pense à prendre sa caméra et à filmer la scène alors que ses amis sont en grand danger et qu'il pourrait mourir à chaque seconde, les moments en caméra intra et extra diégétique restent bien dosés au sein de la narration. Le filtre et le format qu'on utilise pour représenter l'utilisation de la vieille caméra est intéressant, quoique convenu. Dans ce genre de films, nous avons rarement droit à de grandes prouesses d'acteurs, et The Quiet Ones ne fait pas exception. Les comédiens livrent des performances décentes, mais basculent rapidement, de concert avec le scénario, dans la caricature.

On oubliera rapidement The Quiet Ones comme on oublie la plupart de ces productions équivalentes, manufacturées par Hollywood pour engendrer des profits. Le suspense d'épouvante de John Pogue n'est pas un échec complet, il rejoindra probablement son public (adolescent) lors de ses premières heures dans les cinémas, mais disparaîtra rapidement des esprits et des écrans, devenant un parmi tant d'autres.

Et je ne comprends toujours pas la signification du titre... (mais peut-être suis-je trop exigeante).

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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