Affiche du film Le visage de la peur
© Twentieth Century Fox

Le visage de la peur

Version en français
v.o.a. : The Hills Have Eyes
10 mars 2006

Perdre la face

Photo Par Karl Filion
Alexandre Aja reprend à la sauce du nouveau millénaire le classique de Wes Craven Le visage de la peur. Le créateur original n'est pas très loin, il agit comme producteur sur le projet, qui s'avère un festin assez sanglant mais efficace pour peu qu'on aime ce genre de film.

Assez étonnant qu'on puisse dire d'un film d'horreur assez classique, ultra-patriotique et presque prévisible - c'est une reprise en plus! - qu'il est « satisfaisant ». Sauf que c'est le cas avec ce nouveau film d'Alexandra Aja, réalisateur français responsable de Haute tension. Les mécanismes de l'horreur sont efficaces, les acteurs convaincants aussi... disons simplement que les amateurs du genre y trouveront leur compte.

La famille Carter se dirige vers la Californie pour des vacances devant les rapprocher. Bob, le patriarche, nouvellement retraité, est accompagné de sa femme Ethel, de son fils Bobby et de ses filles Brenda et Lynne, qui a invité son amoureux Doug et leur bébé. Toute la petite famille se dirige donc vers la Californie en passant par le désert du Nouveau-Mexique. Alors qu'ils traversent un ancien site d'essais nucléaires, ils tombent sur un dangereux groupes de mutants assoiffés de sang.

Pas dans le même style qu'un Hitchcock ou un The Shining, Le visage de la peur ne fait pas dans la dentelle. Pas de subtilité, pas question d'installer une ambiance complexe, le sang coule à flots et tache à souhait, on n'hésite pas vraiment à décapiter, dépecer, et même manger les victimes qui s'accumulent. On ne peut pas être beaucoup plus créatif en terme de façons de tuer des personnages.

Aucun des acteurs ne se démarque particulièrement du lot, la plupart incarnant des personnages caractérisés à gros traits, ou à grosses taches. Quelques personnages sont étonnamment mieux développés que d'autres, certes, mais ce sont eux qui meurent en premier. Aaron Stanford incarne le vigoureux Doug avec conviction, Vinessa Shaw offre quelques bons moments, les autres sont plutôt hystériques et, pour une exception, totalement enflammé.

On peut également reprocher au film son évident patriotisme républicain qui agace franchement. L'homme qui n'aime pas les armes apprendra bien évidemment à s'en servir et à les aimer. La discussion ne sert à rien, on peut toujours compter sur un bon vieux drapeau américain pour transpercer le crâne d'un méchant mutant (symbolisant probablement un méchant terroriste qui utilise le nucléaire...ne nommons pas ce pays du Moyen-Orient). Vraiment difficile de passer à côté et de pardonner cette faute de goût.

Sinon, les confrontations de la deuxième partie du film se déroule en plein soleil, en plein désert, ce qui permet d'apprécier encore plus « l'horreur » qui est habituellement toujours présentée dans le noir le plus total possible.

Les invraisemblances sont légion, entre la jeune fille qui se remet étonnamment bien d'un viol et l'incroyable capacité d'adaptation de jeunes adolescents prisonniers, il y a l'allure de super-héros du personnage principal qui n'a pas appris à mourir. M'enfin, il fallait presque s'attendre à tout ça, et cela n'influe pas sur la tension et le plaisir coupable que certains ont en voyant tant de violence et de sang.

Il est important avant d'aller voir Le visage de la peur de savoir que le film s'adresse spécifiquement aux amateurs du genre. C'est classique, mais c'est bien le cas, parce que la violence, le développement limité des personnages, les dialogues peu convaincus vont faire s'allonger bien des visages de cinéphiles au lieu de les effrayer s'il n'en sont pas conscients.

Vu en version originale anglaise.
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Photo Karl Filion

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