Affiche américaine du film Kingdom of Heaven
© Twentieth Century Fox

Le royaume des cieux

Version en français
v.o.a. : Kingdom of Heaven
27 juillet 2005

Profession de foi

Photo Par Karl Filion
Un film spectaculaire qui, même s'il est inégal, transpose à l'écran un savoir-faire technique impressionnant et une histoire bien nuancée, en bref : une épopée digne de ce nom.

Le royaume des cieux est un film à grand déploiement. Quelques 130 millions de dollars, Orlando Bloom, des combats, des épées, des religions, encore Orlando Bloom. Ces éléments mis ensembles créent un portrait efficace dans la plupart de ses aspects critiquables. Quelques défauts réduisent un peu l'impact général, mais au final, Le royaume des cieux est…pertinent.

Orlando Bloom offre une prestation fort respectable, sereine en quelque sorte, portant sur ses épaules le lourd fardeau du film entier. Parce qu'il faut admettre que, sans sa présence à l'écran et son charisme singulier – à la fois trop parfait et si vulnérable – Le royaume des cieux sonnerait terriblement faux. Il est si efficace, en fait, qu'on oublie vite la présence de Brendan Gleeson, de Jeremy Irons ou des yeux de Edward Norton au générique. Notons quand même que sa transformation de maladroit forgeron à soldat d'élite est un peu stupéfiante, voire invraisemblable.

La direction photo ajoute à l'intérêt visuel du film - installé par une reconstitution historique rigoureuse dans les décors comme dans les costumes. Les images sont successivement de grandioses paysages et de sanglantes batailles, elles sont minutieusement composées. Malheureusement, la réalisation de Ridley Scott (Gladiator, Alien, Blade Runner) est peu inspirée car souvent terriblement conventionnelle, son portrait est un peu simpliste et distant de sujet. Une représentation froide qui n'est pas de rigueur et qui aurait gagné à être ressentie, perçue par le vétéran réalisateur. Il semble ici désintéressé, presque étranger à son histoire pourtant pleine de potentiel de par ses bases historiques et sa portée sociale moderne. À première vue, les batailles pourraient décevoir par leur brièveté, mais il semble plutôt que cette retenue soit le signe d'une maturité ou l'histoire prend plus de place que les démembrements et les effusions de sang pourtant si jouissifs.

Le travail du scénariste William Monahan est complet, son histoire explore pratiquement toutes les facettes envisageables, malgré certains relâchements romantiques typiquement hollywoodiens et des excès de sentimentalisme regrettables mais prévisibles. Les discours enflammés sont particulièrement efficaces, heureusement pleins de bon sens plus que de patriotisme insouciant. Certaines décisions ou répliques paraissent résolument modernes mais permettent une assimilation plus rapide de l'histoire. Reste que plusieurs dialogues frappent par leur naïveté, que l'introduction aurait gagnée à être resserrée et que certaines décisions des personnages sont parfois difficiles à justifier. Un bon travail dans l'ensemble, pertinent surtout.

Le royaume des cieux est un film historique à longue portée. Les répercussions et les enjeux sont plus modernes qu'ils n'y paraissent et ils encouragent une réflexion post-projection. Assez pour se demander si les batailles et les discours ne seraient pas, au fond, que de vulgaires prétextes. Des prétextes…pertinents, bien sûr.
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Photo Karl Filion

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