Affiche du film  Wish I Was Here
© Les Films Séville

Le rôle de ma vie

Version en français
v.o.a. : Wish I Was Here
16 juillet 2014

Ça finit bien

Photo Par Karl Filion

Succès indie lors de sa sortie en 2004 (il y a dix ans, ça ne nous rajeunit pas!), Garden State s'était démarqué par son récit simple mais charmant, ses interprètes chaleureux et son décalage juste assez consensuel pour séduire les rebelles adolescents les plus irréductibles (même une fois adultes). Il a pourtant fallu une décennie et un financement social (via Kickstarter) à Zach Braff pour proposer un deuxième long métrage, intitulé Wish I Was Here. Un long métrage qui souhaite de toute évidence préserver l'esprit du premier - et même certaines de ses prémisses de base - mais qui s'avère moins inspirant que celui-ci. Il est fort possible toutefois que ce soit surtout les spectateurs qui aient changé...

Wish I Was Here, donc, un feel-good movie à mi-chemin entre la bluette hollywoodienne typique où le happy end règne en maître et l'humour vulgaire et juif de l'écurie Apatow, mais en plus poli. Le mélange est assez agréable au premier abord, alors que le charme indie - pratiquement artisanal - du film ressort, en plus de sa représentation inédite d'un Los Angeles qu'on voit d'habitude à travers ses manoirs et ses célébrités. Dans la première moitié du film, les gags fusent, avec intelligence et perspicacité, et Braff, qui se donne aussi le premier rôle, est tout à fait convaincant. L'humour d'observation y est fin et régulièrement doux-amer.

Les acteurs secondaires, dont les jeunes Joey King et Pierce Gagnon, mais surtout Josh Gad, sont eux aussi assez efficaces, tandis que Mandy Patinkin, dans le seul rôle tragique du film, est rapidement confiné à un lit d'hôpital ne pouvant lui rendre justice. Kate Hudson est elle aussi efficace, sans plus (son personnage est de toute façon plaqué). Le scénario bavard leur donne régulièrement l'occasion de se faire valoir, sans que leurs performances ne se démarquent outre mesure. Dommage que la réalisation, qui propose parfois d'inventives trouvailles, soit au final assez convenue et ne pousse pas plus loin. Elle sait cependant capter de forts moments d'émotion, jamais trop appuyés.

Divers problèmes apparaissent lors de la deuxième moitié du film. Des trames narratives (surtout celle impliquant la femme d'Aidan, le personnage principal) s'avèrent plus faibles et le film devient rapidement redondant. Pas nécessairement ennuyant, mais disons que les enjeux sont assez faibles considérant le type de film et l'inévitable conclusion qui a déjà été mise en place. Wish I Was Here n'est toutefois pas un thriller, et ce qui compte ce n'est pas tellement si ou quand les personnages s'épanouiront, mais bien comment et ce qu'ils apprendront en chemin.

On a donc une impression plutôt positive de Wish I Was Here, même si on suppose qu'un film mieux resserré et moins consensuel serait encore plus efficace et risquerait de séduire davantage les fans de la première heure de Garden State. Reste que le deuxième long métrage de Braff est un film charmant, quoique simple, dont le principal intérêt est les humains qu'il met en scène. Ils y sont crédibles et agréables, et ça finit bien, ce qui est déjà beaucoup.

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Photo Karl Filion

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