Le mécano : Résurrection

Version en français
v.o.a. : Mechanic: Resurrection
26 août 2016

À la casse

Photo Par Martin Gignac

Ce qu'il y a de bien avec les films qui sortent directement en DVD, c'est que les cinéphiles qui fréquentent exclusivement les salles de cinéma sont épargnés de ces navets. Qui veut voir Hard Target 2, The Kindergarten Teacher 2, Jarhead 3 ou The Scorpion King 4 sur grand écran alors que le petit est parfaitement adapté pour eux? C'est ce qui aurait dû arriver à Mechanic: Ressurection qui a pourtant bénéficié d'une sortie régulière.

Cette suite au succès de 2011 qui n'était déjà qu'un remake extrêmement ordinaire d'un divertissement honorable de 1972 conserve l'idée de maquiller des meurtres en accidents. Pour le reste, cela ressemble davantage à une copie de bas étage de Mission: Impossible, mais sans Ben Foster, qui a décidé de mieux choisir ses rôles et d'apparaître par exemple dans Hell or High Water. Il s'agit donc d'une production prédigérée qui abuse de la romance quétaine dans sa première partie et des scènes d'action rudimentaires par la suite. À quoi bon rajouter un lubrifiant comique pour faire respirer le spectateur alors que c'est possible de lui enfoncer les explosions et les confrontations musclées dans la bouche?

L'histoire n'est qu'un ersatz de The Specialist, cette série B ringarde et rigolote de 1994 qui mettait en vedette Sylvester Stallone, Sharon Stone, James Woods et Eric Roberts. Un casting béton que l'on retrouve également dans ce nouvel effort qui frise constamment le ridicule à force de multiplier les invraisemblances les plus élémentaires. Jason Statham cherche à se créer une nouvelle licence après avoir saboté les Transporter, Expendables et Crank et il ne semble pas toujours inspiré. Si l'on veut lancer une série, pourquoi ne pas débuter en choisissant un bon film comme The Bank Job? À ses côtés, Jessica Alba aura rarement été aussi fade, s'ennuyant royalement de Robert Rodriguez. Tommy Lee Jones est complètement éteint avec ses lunettes à la Bono (c'est le jour et la nuit avec Jason Bourne et même Criminal qui n'était pas génial) et la grande actrice chinoise Michelle Yeoh qui était extraordinaire dans Tigre et dragon est tout simplement mauvaise. Saboter une telle distribution relève pratiquement de l'art.

C'est le réalisateur allemand Dennis Gansel qui a pris la relève de Simon West (Con Air) et sa mise en scène insipide manque totalement de singularité. On ne pourra toutefois pas accuser le cinéaste de manquer de talent. Malgré une horde de téléfilms banaux et le décevant The Fourth State, il avait offert en 2008 The Wave, un trépidant drame social dans la lignée de Das Experiment. Comme si pour percer à Hollywood, il fallait se défaire de sa personnalité. Un moule trop souvent appliqué qui finit par asservir les créateurs étrangers.

Ni amusant ni spectaculaire, Mechanic: Ressurection distille une profonde lassitude. Pour le bien de tous, ce type d'objet anonyme prend généralement et directement le chemin du DVD... un destin qui lui était dû. Dans un genre similaire, mais en beaucoup plus humoristique, mieux vaut encourager l'industrie québécoise et opter pour Nitro Rush.

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Photo Martin Gignac

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