Affiche du film  Le loup-garou
© Universal Pictures

Le loup-garou

Version en français
v.o.a. : The Wolfman
11 février 2010

Une bête sans bon sang

Photo Par Karl Filion

Repoussé quatre fois (le film devait à l'origine prendre l'affiche le 13 février 2009, puis le 3 avril, puis le 6 novembre), Le loup-garou est une catastrophe du début à la fin. Parce que les quelques effets spéciaux assez intéressants sont gâchés par une suite d'erreurs grotesques, une surenchère juvénile d'effets pseudo-effrayants (des planchers qui craquent et des chiens méchants, ouh!), d'ellipses ridicules et de musique envahissante. Le manque total de charisme des comédiens, en particulier Benicio Del Toro, y est aussi pour beaucoup. Emily Blunt et Hugo Weaving ne pouvaient honnêtement pas faire mieux, et Anthony Hopkins, sur le pilote automatique, ne convainc pas vraiment. Mais que voulez-vous que les comédiens fassent avec ce flagrant manque de vision et d'intelligence cinématographique?

Angleterre, 1891. À l'annonce de la mort tragique de son frère, décapité lors d'une nuit de pleine lune par une bête féroce, le comédien Lawrence Talbot rentre au domaine de son père pour l'y retrouver ainsi que la fiancée du défunt. Alors que les villageois croient à une malédiction gipsy, Lawrence amorce son enquête au sujet d'une créature mythique qui apparaît les soirs de pleine lune. Lorsqu'il sauve un garçon d'une mort certaine, il est mordu par la bête, ce qui l'infecte à son tour.

Un manque d'intelligence cinématographique qui se manifeste par toutes sortes d'interventions du faux (en plus des effets spéciaux inévitables de ce type de film). Déformation de l'écran, hallucinations auditives et intuitions divines servent donc à faire avancer empêcher le récit de foncer droit dans le mur. De graves questionnements moraux sont à peine abordés; et la finale est en ce sens particulièrement insultante : avoir conscience de la bête que l'on est et ne pas envisager le suicide semble audacieusement simpliste.

Conscient, sans doute, qu'à une scène d'action par mois, on ne fait pas un bien bon film d'action, le réalisateur Joe Johnston ajoute toute une série de flashbacks absurdes qui viennent ajouter un soi-disant « mystère » à ce récit bien prévisible. D'autant qu'on a aussi droit à plusieurs ellipses complètement ridicules, dans un montage cacophonique et incohérent, qui essaient tant bien que mal d'ajouter un peu de tension. Mais c'est peine perdue, il aurait mieux valu s'abstenir : cette créature est incohérente avec sa propre mythologie, et il y a bien longtemps que des planchers qui craquent ne font plus peur, surtout lorsqu'on souligne le tout sans aucune subtilité par une musique qui ne cesse jamais. Littéralement jamais!

Cette bête sanguinaire et hirsute, qui tue pour se nourrir (parfois) mais aussi seulement pour le plaisir, est capable de décapiter quiconque d'un revers de la main, peut arracher jambes et bras avec une précision chirurgicale, peut aussi être d'une furtivité exemplaire quand cela sert mieux le scénario. Cela n'a aucun sens. Cette même créature qui, parfois, peut entendre arriver des chevaux ou battre le coeur d'une femme, mais qui n'arrive pas flairer le piège qu'on lui tend si maladroitement. Elle se contente également de mordiller amoureusement les personnages importants - plutôt que de les démembrer dans une imbécile effusion de sang comme elle fait avec les figurants - afin d'aider un peu les scénaristes, prisonniers du monstre qu'ils ont créé. Dans ce cas-ci : un film incohérent et absurde - ennuyant au demeurant - qui est apparemment bâclé et qui ne convaincra personne.

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Photo Karl Filion

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