Affiche du film  Le Hobbit: Un voyage inatendu
© Warner Bros. Canada

Le Hobbit : Un voyage inattendu

Version en français
v.o.a. : The Hobbit: An Unexpected Journey
14 décembre 2012

La quête du petit homme

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Peter Jackson a révolutionné le cinéma avec sa trilogie du Seigneur des anneaux, ça, personne ne le nie. Mais cet univers, issu de l'imaginaire de Tolkien, en est un très complexe et ne peut pas plaire à tout le monde. The Hobbit: An Unexpected Journey compte beaucoup de personnages et qu'ils soient orques, gobelins, nains, elfes ou trolls, ils ont tous leur mythologie bien spécifique et leurs origines qu'on prend - ou pas, selon le degré d'importance du personnage - le temps de développer et d'introduire dans le récit, déjà composite. Lorsqu'on accepte le degré de complexité de l'univers fantastique et qu'on se permet d'y plonger sans chercher constamment l'amarrage avec le réel, c'est là, et seulement là, qu'on pourra apprécier les aventures de la Terre du Milieu.

Dans sa forme, dans sa structure, The Hobbit: An Unexpected Journey ressemble beaucoup à The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring, le premier chapitre de la franchise du Seigneur des anneaux; l'introduction chez les Hobbits, une visite chez les elfes, le passage par les montagnes pour aboutir dans des sous-terrains, ce genre de circonstances qui nous laisse une étrange impression de « déjà vu ». Une succession d'évènements semblable à celle du premier film (qui n'est ni bonne ni mauvaise, simplement incontestable) n'est pas seule chose que The Hobbit: An Unexpected Journey a en commun avec la célèbre série. Évidemment, on s'est affairé à reconstruire un univers semblable à celui qui a connu un si grand succès au début des années 2000. La musique, les cadres, les paysages grandioses, l'architecture des dialogues, tout nous rappelle la populaire franchise de Jackson. Il y a même quelques protagonistes familiers qui font des apparitions (utiles!) remarquées au grand plaisir des fidèles.

La trilogie The Lord of the Rings a prouvé qu'on pouvait retenir l'attention du public pendant plus de 2 heures 49 minutes, mais encore, c'est long 2h49, quelque soit le film. Pourtant, hormis un prologue interminable et superflu dans la maison de Bilbo, il n'y a que très peu de longueurs au sein de The Hobbit: An Unexpected Journey. On n'étire pas inutilement la sauce, on sent que le réalisateur/l'auteur a toujours quelque chose à dire au contraire de bien des productions qui ne profitent pas pleinement du temps qu'ils ont - pourtant consciemment - requis.

Que l'on s'appelle Peter Jackson, James Cameron ou Roger Tremblay (il n'y a pas de réalisateur qui s'appelle Roger Tremblay, ne cherchez pas), on ne parviendra pas - à mon humble avis - à convaincre le public que le 3D était nécessaire à cette production. Il y a certes quelques passages forts intéressants dans The Hobbit: An Unexpected Journey qui requièrent la technologie stéréoscopique, notamment lorsque la cohorte déambule dans la ville souterraine des gobelins et que la caméra s'engouffre avec eux dans les profondeurs grâce à un travelling englobant, mais rien pour nous persuader de son utilité.

The Hobbit: An Unexpected Journey passera fort probablement à l'histoire au même titre que les trois autres chapitres de la franchise de Jackson, tellement il est visuellement impressionnant et intelligemment construit. Mais sera-t-il considéré comme le plus marquant? J'en doute. Le film possède les mêmes qualités que ces prédécesseurs, mais n'en amène pas de nouvelles. À moins que le 48 fps - que je n'ai pas vu - apporte quelque chose de si unique qu'on en parlera pendant des décennies puisqu'il révolutionnera la manière de faire et de voir des films (mais là encore, j'ai des doutes).

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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