Affiche du film  La tête en l'air
© AZ Films

La tête en l'air

Version en français
v.o.esp.s.-t.f. : La tête en l'air
2 octobre 2013

Avant de m'en aller

Photo Par Karl Filion

Film d'animation remarqué dans son pays d'origine - l'Espagne, où il a remporté deux Goya - La tête en l'air est un long métrage élégant, qui est au diapason des personnages qu'il met en scène. Vraiment, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est un film « élégant »; il est propre, bien mis, visuellement impeccable, très classique autant sur la forme que sur le fond. Malheureusement, il est aussi un peu ennuyant et redondant par moments...

Le récit d'Emilio, un vieillard atteint de la maladie d'Alzheimer qui emménage dans une maison de retraite, n'est pas le plus original ni le plus passionnant. Il est pourtant habilement construit par le réalisateur Ignacio Ferreras, qui dépeint un milieu où règne la solitude avec tendresse et souvent avec humour. De magnifiques « rêveries » ajoutent beaucoup au récit, même si elles sont trop peu nombreuses. Heureusement, les interactions entre les personnages sont souvent amusantes et l'animation fluide - un bon 2D classique - présente tout en douceur un quotidien morne où on s'amuse comme on peut.

Les personnages sont attachants, même si on aimerait se sentir plus près du protagoniste principal, qui nous demeure étranger. Il n'est pas porteur d'émotion, et fait plutôt office de témoin; cela affaiblit les enjeux une fois que la maladie s'empare plus gravement de lui. Son acolyte Miguel, plus ambigu, est mieux développé, et c'est d'ailleurs sur lui que s'opère le plus important changement psychologique du film, lors d'une finale sublime.

Le déroulement assez répétitif n'aide pas à rendre le récit plus passionnant, même si cette redondance transmet bien l'idée de vivre au quotidien dans un de ces centres de soins longue durée. Sauf que le processus est assez aride narrativement, d'autant que les enjeux, rapidement inéluctables, ne sont pas très forts; on retarde l'échéance, mais dans quel but? Surtout si on ne profite pas du temps que l'on se gagne...

Heureusement, le réalisateur Ignacio Ferreras parvient à tirer une émotion respectueuse et sentie de ce récit qui, malgré ses quelques longueurs, avait ses bons moments. Et la finale, délicate et magnifique, témoigne d'une véritable transformation humaine à la fois respectueuse et apaisante. Le film nous laisse sur cette bonne note, sur cette impression positive. Si seulement toutes les fins de vie pouvaient en faire autant.

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Photo Karl Filion

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