Affiche du film The Princess and the Frog
© Walt Disney Pictures Canada

La princesse et la grenouille

Version en français
v.o.a. : The Princess and the Frog
10 décembre 2009

La magie est dans le jazz

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Un film d'animation de Disney est habituellement une valeur sûre, mais de revenir à un procédé visuel plus traditionnel après avoir tant misé sur l'animation 3D était un risque tangible. Le public, tant enfant qu'adulte, aurait pu être agacé par cette planitude dans l'image, ces dessins faits à la main que l'on ne voit plus - ou presque - au grand écran de nos jours. Mais la magie opère encore. Les mêmes schémas actanciels que dans les succès précédents (Aladin, La petite sirène, La belle et la bête, etc.), une morale tout aussi inspirante et une histoire à la hauteur des rêves des enfants.

Tiana souhaite d'ouvrir son propre restaurant depuis qu'elle est toute petite et travaille très fort jour après jour pour parvenir à ses fins. Lors d'un bal masqué, organisé par la famille de son amie Charlotte, elle supplie l'étoile du berger, censée réaliser les rêves, d'exaucer son voeu. Une grenouille apparaît alors près d'elle et se présente comme étant un prince, transformé en amphibien par un méchant sorcier vaudou. Le batracien demande à Tiana de lui accorder un baiser pour qu'il puisse retrouver sa forme humaine. D'abord surprise par cette bestiole parlante, Tiana finit par accepter et embrasse la visqueuse grenouille. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. Puisque Tiana n'est pas une princesse, la transformation s'inverse et c'est la jeune serveuse qui devient une grenouille. Les deux animaux aux pattes palmées s'engageront donc dans une odyssée pour retrouver la sorcière Mama Odie, apparemment capable de les retransformer en humains.

La première princesse à la peau noire de Disney est un personnage grandement inspirant; forte, courageuse et persévérante, elle est un modèle de motivation et de magnanimité pour toutes les petites filles, constamment bombardées par des archétypes de perfection artificielle. Disney a su actualiser la formule de ses contes, prenant en compte notre réalité économique et sociale, tout en conservant une formule narrative efficace. L'idée d'utiliser un récit consacré - en l'occurrence celui des frères Grimm - et de modifier les enjeux de celui-ci de manière à échafauder une toute nouvelle histoire - ce qui serait arrivé si la princesse qui avait embrassé la grenouille n'était pas une vraie princesse - est un procédé intéressant que Disney a su appliquer sans cette gênante impression de déjà vu.

L'amour, l'espoir, l'amitié et l'altruisme sont des thèmes récurrents dans les films pour enfants et La princesse et la grenouille ne fait pas exception. Mais toute cette nouvelle notion de ténacité, d'acharnement au travail, fait du long métrage d'animation de Ron Clements et John Musker, une oeuvre singulière. La musique de Randy Newman est sans conteste l'un des éléments les plus attrayants du long métrage. Les rythmes jazzés et les paroles candides - malgré leur ton souvent moralisateur -, ont le pouvoir d'entraîner, petits comme grands, dans une féérie juvénile incomparable, dans un monde paradoxal où les alligators jouent du saxophone et les princesses ont deux emplois pour combler leurs fins de mois.

Comme le dit si bien l'une des chansons tirées du film : « Parce qu'on veut tous croire aux contes de fées », La princesse et la grenouille est un incontournable, autant pour les vieux nostalgiques que les petits émerveillés. Embarquez sur le dos de l'alligator, suivez les lucioles à travers le marécage, évitez les offres trompeuses du charlatan et arrêtez-vous à la Nouvelle-Orléans.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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