Affiche du film  La patronne
© Universal Pictures

La patronne

Version en français
v.o.a. : The Boss
7 avril 2016

Plus de seconde chance

Photo Par Martin Gignac

Melissa McCarthy est un drôle de phénomène. L'actrice a beau toujours jouer de la même façon, sa popularité est en ce moment à son zénith. À petite dose comme dans This is 40 ou St. Vincent, cela peut toujours aller. Mais plus, bonjour l'écoeurement à la Identity Thief ou The Heat. Étonnamment, il n'y a que Paul Feig qui semble être capable de la diriger correctement. Elle était hilarante dans Bridesmaids, flamboyante dans Spy et on a bien hâte de la découvrir dans la nouvelle version féminisée de Ghostbusters. Une ironie si l'on considère que son époux Ben Falcone l'a mise en scène dans son atroce Tammy et qui remet ça maintenant dans le presque aussi horrible The Boss.

Elle demeure pourtant l'élément le moins dommageable de cette farce ratée et réalisée n'importe comment. McCarthy y incarne un individu riche, influent et narcissique qui est envoyé en prison pour délit d'initié. La rédemption aura-t-elle lieu? Évidemment. Avant qu'elle ne se manifeste, il n'est pas question d'explorer les méandres du système judiciaire et financier ou de flirter avec les puissants méchants de ce monde, parce que le long métrage vire subitement dans le film pour enfants. Afin de se réhabiliter, notre héroïne se lance dans une entreprise de biscuits avec son ancienne employée (Kristen Bell) et la fille (Ella Anderson) de cette dernière. Une réorientation de carrière qui ne fait pas nécessairement le plaisir d'un ancien associé et amoureux (Peter Dinklage).

Ce qui manque cruellement à cet effort anonyme qui risque d'être diffusé à Super Écran dans les prochaines semaines est un scénario qui se respecte. Celui-ci, écrit à six mains (notamment par McCarthy et Falcone), semble fonctionner sur de l'improvisation qui n'est jamais contrôlée. Pire encore, les répétitions sont de la partie, tout comme les gros mots toutes les minutes. Ce n'est pas parce que c'est vulgaire que c'est drôle. Le personnage principal est plus intéressant que tout ce qui l'entoure et l'intrigue prévisible est chiche en situations vraiment comiques. Lorsque la pâte commence enfin à lever lors d'un affrontement de gangs de filles, c'est là que le troisième et dernier acte débute, étant le plus sirupeux, sentimentaliste et moralisateur du lot. Bien sûr que la famille est plus importante que le reste, mais avant d'en arriver là, est-ce possible de passer un bon moment?

Bien que Melissa McCarthy nage comme un poisson dans l'eau, elle semble presque autant s'ennuyer que le spectateur. Personne n'est capable de rivaliser avec elle, que ce soit la fade Kristen Bell, le pauvre Peter Dinklage qui est recyclé en samouraï moderne ou Kathy Bates en mentor que l'on voit trop peu. C'est le spectacle d'une seule femme qui est incapable de sauver cette satire burlesque et caricaturale qui tombe rapidement à plat. On ne parle même pas ici de comédie tant le rire est totalement absent.

Après ces deux prises au bâton que sont Tammy et The Boss, le couple McCarthy-Falcone marche dorénavant sur des oeufs. Ils ne seront probablement jamais les Cassavetes-Rowlands du 21e siècle, ce qui ne les empêche pas dans un monde idéal de divertir avec compétence. Pourquoi ne refont-ils pas équipe, mais sous la houlette du beaucoup plus talentueux cinéastes John August qui les avait déjà dirigés dans le brillant The Nines? Cela risque au moins de sortir des sentiers battus.

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Photo Martin Gignac

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