Affiche du film  La garde
© Les Films Séville

La garde

Version originale en français
3 avril 2014

Promenons-nous dans les bois

Photo Par Karl Filion

La garde est un film bien construit, qui s'applique à bien faire les choses plutôt qu'à les chambouler; et c'est une approche tout à fait valable. Autant le thème principal, une relation père-fils que la loi a interdit, que les méthodes scénaristiques et cinématographiques déployées par Ian Lauzon et Sylvain Archambault avancent vers un même but : raconter, avec efficacité, une histoire. C'est bien accompli, on le constate souvent au cours du film, en particulier lors de l'émouvante finale. Ce qui ne signifie pas cependant qu'on n'y rencontre pas quelques accrocs.

Un peu comme avec Piché - Entre ciel et terre, c'est l'idée de récit qui prévaut, avec ce que cela implique d'éléments déclencheurs et de péripéties placés stratégiquement. Ce que propose La garde est simple, mais efficace. Déjà, la situation porte en elle des émotions à saisir qui rejoindront sans doute la majorité des spectateurs; on a immédiatement de l'empathie pour ce père qui ne demande qu'à voir son fils, même si on souhaiterait qu'il soit plus intelligent pour régler le problème. Le gage de réussite du film est qu'il rejette l'émotion facile et qu'il traite avec une pudeur de rigueur les moments sentimentaux qu'il met en scène. Pas de musique cheap venant gâcher le moment, pas de déluges de larmes, plutôt une émotion rigoureuse et de ce fait plus réaliste.

La réalisation est dans le ton, souvent près des personnages, très découpée, très intime. La caméra d'Archambault se fait créative, dans une recherche constante de cette émotion et des acteurs. Il y a bien quelques moments qui semblent incongrus, mais pas assez pour gâcher l'expérience. Le dosage est juste.

Les acteurs tirent pleinement profit de cette mise en scène, dans des rôles tellement simples qu'ils sont immensément compliqués. Rien de plus difficile à jouer que le « normal », mais Paul Doucet permet à ce personnage d'exister grâce à son jeu naturel et intelligent. Antoine L'Écuyer, qui a bien grandi depuis C'est pas moi, je le jure!, est efficace lui aussi. Le problème avec des scènes aussi près des personnages, aussi épidermiques, c'est que le moindre décrochage est fatal, et que la scène est foutue. Il y en a peu, dans La garde, pourtant, quelques lignes de dialogues mal ajustées ou mal livrées viennent à quelques reprises faire dérailler le fil de l'histoire. On le reprend rapidement par la suite, sans dommages permanents, mais quand même...

Ces quelques défauts sont pratiquement oubliés lors de la finale, qui est habilement construite et qui, on l'a dit, évite les émotions faciles. C'est ce qui donne une impression surtout positive de La garde, dont le récit mène à cette résolution complexe et stimulante où un père et son fils peuvent entrouvrir la porte à une réconciliation.

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Photo Karl Filion

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