Affiche du film  La fête du travail
© Paramount Pictures

La fête du travail

Version en français
v.o.a. : Labor Day
1 février 2014

Entraide

Photo Par Karl Filion

La réussite de Labor Day n'est pas logique. Mélodrame aux accents romantiques et aux prémisses bancales, huis clos incongru, le long métrage - le quatrième de Jason Reitman en tant que réalisateur - pourrait bien sembler s'éparpiller entre les thèmes, les intrigues, les invraisemblances et la simple mièvrerie. Pourtant, pratiquement inexplicablement, le réalisateur manoeuvre à travers ces pièges pour présenter un film délicat et convaincant, bien plus complexe qu'il en a l'air et à la finale bouleversante.

On cherche souvent dans les films à déterminer un personnage principal, celui sur qui se produit la transformation psychologique la plus importante et qui est le moteur du récit en plus d'être l'alter ego du spectateur, mais dans le cas de Labor Day, ce personnage principal est multiple. Il est constitué des trois individus qui forment cette « famille reconstituée » temporaire, et si chacun a ses propres aspirations et ses propres thèmes, chacun contribue également à la complexité de Labor Day et à son efficacité dramatique.

Les prestations senties de Kate Winslet, qu'il est absolument fascinant de voir s'épanouir au contact de cet homme, de Josh Brolin, dans ce rôle ingrat de méchant-gentil-injustement-condamné (un grand cliché qu'il est difficile de renouveler), et de Gattlin Griffith, jeune garçon en quête d'une figure paternelle, sont centrales dans la réussite du film, dont le principal enjeu dramatique est l'impact d'un homme dans la vie d'une mère et de son fils plutôt que de savoir s'il sera, ou non, repris par les autorités.

Certes, il faut adhérer à ce risque que prend une mère de famille en hébergeant chez elle un meurtrier évadé de prison, mais la délicatesse avec laquelle Jason Reitman suggère leur rapprochement et innocente Frank (à travers un habile montage évocateur) est tout à fait convaincante. « Elle a l'air de quelqu'un qui pourrait m'aider », dit-il, sans se douter que ce sera aussi l'inverse... Il suffit de voir le film comme un conte hors du temps pour en faire ressortir les qualités humaines.

Pour Jason Reitman, Labor Day marque un changement important de ton par rapport à des films comme Juno et Up in the Air. Son talent, qu'on savait convenir à la comédie, convient tout autant à ce drame, lui qui comprend que la dilatation du temps ainsi qu'une certaine retenue au niveau du style servent le récit. Même cette manière de filmer la cuisson d'une tarte aux pêches...

S'il n'est certes pas sans défauts, Labor Day est un film puissant et convaincant, qui tire pleinement profit de ses forces et qui minimise ses faiblesses. C'est-à-dire que la relation entre ces trois individus prévaut sur l'invraisemblance de leur rencontre, et que la force de leur lien surpasse les tendances mélodramatiques d'un récit peut-être trop littéraire, quoique solidement construit. La finale puissante en témoigne...

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Photo Karl Filion

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