Affiche du film  La cloche et l'idiot 2
© Universal Pictures

La cloche et l'idiot 2

Version en français
v.o.a. : Dumb and Dumber To
14 novembre 2014

Belle perruche

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Si trois ou quatre rires sincères sont suffisants pour vous faire apprécier une comédie, peut-être que Dumb and Dumber To saura vous charmer. Mais si, au contraire, il vous faut une histoire bien tissée, quelques surprises désopilantes et un jeu d'acteurs crédibles, il vous faut certainement éviter cette suite remâchée d'un classique cinématographique de l'humour américain qu'on aurait dû laisser vieillir en paix.

Certains diront probablement que Dumb and Dumber n'était pas cérébral, que son histoire était bancale et que c'est justement son crétinisme qui a fait sa réputation. Ces quelques perspicaces n'ont pas tord, mais les années 1990 sont bien loin derrière nous, et l'humour a changé (pour le mieux ou pas, là n'est pas la question). Nous ne nous fatiguerons pas de revoir Lloyd et Harry faire les guignols dans un film qu'on connaît par coeur, mais les amener à ressusciter vingt ans plus tard, avec la même approche et les mêmes archétypes, n'était pas nécessaire, et ce même si la nostalgie est à la mode.

Les fans seront heureux d'apprendre que certains des personnages du premier film sont de retour, dont Billy, le garçon à la perruche qui possède maintenant des perroquets. Les amoureux du genre seront aussi satisfaits de savoir que le registre de blagues est le même. Le premier degré (peut-être pouvons-nous même parler ici du degré 0) est encore dans la mire des frères Farrelly. Des pets, de la bave, du vomi, et tous les autres fluides corporels sont exploités jusqu'à nous en donner la nausée. D'ailleurs, j'ai personnellement été davantage écoeurée par certaines blagues qu'amusées. Peut-être suis-je trop délicate, mais de les voir boire du fluide d'embaumement et lécher la bave d'un chien après que ce dernier ait aboyé nerveusement sur le visage de l'un d'eux me dégoûtait.

Ce dernier exemple cité fait d'ailleurs partie de la bande-annonce, et malheureusement, on ne peut s'empêcher ici de se plaindre du fait que la plupart des meilleurs gags étaient présentés dans cette dernière plusieurs mois avant la sortie du film. Hollywood a cette fâcheuse tendance à trop en révéler dans la bande-annonce, ce disant probablement qu'une fois convaincu par ce qu'il voit, le public paiera pour aller voir le film, et que leur travail est accompli, mais évidemment le spectateur a une vision différente de la chose, voulant être minimalement surpris par la folie des protagonistes. Il reste tout de même quelques trouvailles délirantes qu'on a pris soin de ne pas révéler dans les publicités, bien que la plupart des meilleures idées ont été divulguées.

Parlons maintenant traduction. C'est évidemment un défi de taille de traduire un film comme celui-là, qui joue beaucoup avec les jeux de mots et les mimiques de ces protagonistes, mais les doubleurs québécois semblent s'être donné un mot d'ordre de s'approprier le texte et de le québéciser. Des efforts aussi titanesques n'étaient pas nécessaires. On est même allé jusqu'à changer certaines références (comme le font parfois Les Simpsons)  et les adapter à notre culture. Mais, une citation d'Elvis Gratton dans Dumb and Dumber, c'est absurde. Les jeux de mots ont aussi été travaillés afin qu'ils fonctionnent aussi bien en français que dans leur langue originale (« Ça me « crotte » dans la tête » ou « Génitalement compatible »), mais c'est parfois beaucoup trop évident qu'on est bien loin du propos d'origine.

Certains nostalgiques seront certainement heureux de revoir Jim Carrey faire le guignol comme il le faisait si bien dans les années 1990, mais les efforts évidents de l'acteur de 52 ans de replonger dans ses vieilles habitudes ne sont pas suffisants pour excuser un manque d'originalité et de cohésion dans le scénario.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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