La clé des secrets

Version en français
v.o.a. : The Skeleton Key
16 août 2005

Besoin d'un serrurier?

Photo Par Karl Filion
Si les portes qui grincent, les ampoules brûlées et les planchers qui craquent vous font encore peur, vous apprécierez peut-être La clé des secrets, un suspense conventionnel jusqu'à sa finale qui, il faut bien le dire, sauve la face d'un naufrage assuré.

Le réalisateur Iain Softley retourne sur les sentiers de l'incrédulité – il est l'homme derrière K-Pax, - avec La clé des secrets, un film a priori bien difficile à définir parce qu'il se cherche beaucoup. Entre thriller surnaturel, drame d'horreur et suspense il n'y a souvent qu'un pas. Malheureusement ici, le réalisateur a ajouté, volontairement ou non, des touches dispersées de comédie qui nuisent beaucoup au plaisir.

L'ambiance générale des bayous de la Louisiane est idéale pour commencer l'histoire de Caroline, une infirmière à domicile qui va soigner Ben, paralysé depuis une attaque, dans la maison où il vit avec sa femme. Cette maison cache plusieurs secrets surnaturels, que la curiosité de Caroline ne tardera pas à découvrir.

Kate Hudson quitte son canevas habituel mais demeure convaincante dans une interprétation rigoureuse d'une femme pleine de bonne volonté. Sans saluer un travail de composition, disons simplement que ses cris, ses menaces et ses tremblements demeurent crédibles même quand la situation ne s'y prête pas. La voilà prisonnière, en fait, de situations souvent plus amusantes qu'effrayantes, en plus d'être redondantes. On a ouvert plusieurs portes, depuis les débuts du cinéma, et on dirait qu'il se cache toujours les mêmes choses derrière.

Le réalisateur n'utilise pas les effets-spéciaux si communs à ce genre de production. Il préfère présenter des montages rapides plus ou moins convaincants d'images « effrayantes ». C'est comme échanger un dollar pour quatre 25¢, choisir un cliché plutôt qu'un autre, cela ne fait pas de différence. D'autant que le reste du temps, pour effrayer, on préfère les portes qui grincent, les planchers qui craquent et les ampoules brûlées. Jusqu'au souper final, en fait. Encore là, le réalisateur rate une belle occasion d'établir une vraie tension, préférant jeter de la poudre aux yeux des spectateurs et tout gâcher en faisant courir sous la pluie une Kate Hudson « effrayée », poursuivie par une méchante sorcière avec un fusil. La finale, qu'on annonçait étonnante, ne l'est qu'à moitié. Lorsqu'elle prend une deuxième dimension effectivement surprenante, le film perd la logique qui le menait assez bien jusque là et laisse perplexe. Il ne faut pas non plus se laisser berner, la finale n'a de surprenant que le fait qu'elle ne soit pas heureuse.

Le scénariste Ehren Kruger (Le cercle, Le cercle 2) se laisser piéger par la facilité. Le scénario, qu'on sent machinal, n'exploite jamais complètement toutes les possibilités de la maison, fascinante, ou la profondeur de la croyance hoodoo. En plus d'être plus souvent qu'autrement très amusant, dans les dialogues surtout.

Plusieurs aspects de La clé des secrets étaient de bons ingrédients pour faire un suspense intéressant. Cette modestie vis-à-vis les effets-spéciaux, entre autres. Sauf qu'à la sortie du film, on a l'impression de ne pas avoir percé tout le mystère parce que, encore une fois, on ne respecte pas toutes les promesses d'une conjoncture favorable des éléments de bases d'un film effrayant. Et il y en avait une, ici, une conjoncture, dans ces conjectures et ses superstitions surnaturelles. Auxquelles on ne croit pas.
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Photo Karl Filion

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