Affiche du film  The 5th Wave
© Sony Pictures

La 5e vague

Version en français
v.o.a. : The 5th Wave
21 janvier 2016

L'ours en peluche

Photo Par Martin Gignac

Combien d'univers dystopiques et d'héroïnes fortes et fragiles à la fois pourra supporter le public? The 5th Wave est le dernier film en liste qui est inspiré d'un livre à succès et il ressemble à s'y méprendre à tous les Hunger Games et Divergent qui l'ont précédé.

Cette fois, l'humanité a été décimée par quatre vagues différentes de cataclysmes. Les survivants se cachent ou ont rejoint les forces militaires en attendant d'affronter des extraterrestres qui sont capables de prendre une forme humaine. Pour le reste, c'est du pareil au même. L'armée détient le contrôle en instaurant sa propre loi, une révolte gronde en sourdine et des enfants prennent les armes dans des affrontements violents.

Ce projet générique et interchangeable n'offre pratiquement plus rien de nouveau depuis belle lurette. Un cinéaste prometteur (J Blakeson, l'auteur du surprenant The Disappearance of Alice Creed) a été recruté pour être plus facilement manipulé par des producteurs qui cherchent seulement à recréer une recette gagnante alors qu'une talentueuse jeune actrice (Chloë Grace Moretz de Kick-Ass et Clouds of Sils Maria) se démène corps et âme dans un rôle unidimensionnel où elle est entourée de comédiens chevronnés tels Maria Bello et Liev Schreiber.

Rien ne semble pourtant fonctionner comme prévu. Une fois passée l'inquiétante entrée en matière qui soulève un épineux dilemme moral, le long métrage se désagrège lentement mais sûrement. Plein de films catastrophes sont réunis à la même enseigne sans le budget conséquent, une variation adolescente sur la survie façon The Road se déroule, puis c'est ensuite une réflexion sans aucune subtilité sur les instances de pouvoir qui ne veulent pas nécessairement le bien de tous.

Lorsque le coeur de la protagoniste balance entre son courageux ami d'enfance et un mystérieux protecteur qui n'est pas comme les autres, c'est la débandade. Il s'agit du même canevas que Twilight, en bien pire, et il y a même une scène lascive de pectoraux! Le scénario composé à six mains par les individus qui ont écrit A Beautiful Mind, Erin Brockovich et la série Fringe s'enraye complètement et il finit par faire sourire involontairement devant tant de bêtises. Lorsque les gens présents dans la salle de cinéma hurlent de rire pendant une scène mélodramatique, il y a une anomalie. Un problème latent et récurrent, comme cette obsession qu'a l'héroïne de vouloir continuellement récupérer un ours en peluche - symbole de l'innocence - pour le remettre à son jeune frère.

Bien que l'on finisse par être diverti par The 5th Wave, c'est davantage par sa profonde stupidité que par son efficacité. Il y a des moments tellement bâclés que cela en devient presque la comédie de l'année. C'est d'autant mieux que ce n'est jamais assumé. Tout le contraire de ces emprunts flagrants à Warm Bodies et Invasion of the Body Snatchers. The Giver qui se déroulait dans un monde similaire a mordu la poussière même s'il proposait quelques éléments inédits. Croisons-nous les doigts pour que ça soit également le cas de cet effort sans queue ni tête qui est largement inférieur, sinon bonjour les suites.

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Photo Martin Gignac

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