Affiche du film  The Incredible Burt Wonderstone
© Warner Bros. Canada

L'incroyable Burt Wonderstone

Version en français
v.o.a. : The Incredible Burt Wonderstone
15 mars 2013

La promesse, le tour, le prestige

Photo Par Karl Filion

Steve Carell est un acteur comique talentueux qui ne fait pas toujours les bons choix. Quand on lui donne la chance cependant, il démontre un timing comique d'exception et surtout un grand charisme, lui qui a un charme « susceptible » qui lui permet de jouer autant les séducteurs invétérés que les loosers confirmés. Il joue les deux en même temps dans The Incredible Burt Wonderstone, une comédie classique qui parvient à bien faire les choses attendues d'une comédie hollywoodienne à grand déploiement tout en essayant un humour légèrement décalé qui étonne plus souvent qu'autrement.

Le film a bien quelques longueurs, mais sa créativité (qui tire bien évidemment vers l'absurde) fonctionne bien et parvient à maintenir l'intérêt. Surtout grâce à Carell, qui est en pleine forme, et à Steve Buscemi, hilarant dans un contre-emploi. Jim Carrey y fait aussi quelques apparitions remarquées, même si son personnage est le moins bien maîtrisé du lot, alors qu'il sert de parodie de magicien de rue (comme Criss Angel) et qui est au final assez redondant.

Don Scardino, un réalisateur qui a surtout travaillé à la télévision, a bien compris ce qu'on attendait de lui : sa réalisation anonyme sert à laisser toute la place aux acteurs pour faire leur numéro, d'abord et avant tout. Ce sont eux qui font vivre ce film. Il faut cependant souligner l'efficacité du montage, qui permet de puncher efficacement plusieurs gags très réussis, et qui fait un usage très juste de l'ellipse, d'ailleurs habilement souligné dans un numéro final franchement hilarant.

Le récit de The Incredible Burt Wonderstone déjoue aussi habilement les attentes en créant de faux moments de tension et en modifiant en cours de route un récit qui s'annonçait très stéréotypé. Par exemple : tour à tour, on croit que l'antagoniste sera l'ancien ami frustré (cliché), ou alors l'assistante rejetée (cliché), puis que ce sera le personnage de Carrey, qui se sabote finalement lui-même... Juste assez inattendu. Le long métrage, qui parle justement exactement de cela, déjoue habilement les attentes...

Sans être révolutionnaire, voilà un film qui prend sa tâche au sérieux, qui essaie quelque chose, qui ne se contente pas d'être une comédie « comme les autres » malgré ses prémisses convenues. Cela ne veut pas dire que tout fonctionne - non, pas du tout - mais simplement que le film, malgré son air de déjà-vu, promet quelques surprises et de l'émerveillement. D'ailleurs, si vous y tenez tant, que pour vous le cinéma doit métaphoriquement parler d'autre chose, vous n'avez qu'à vous dire que The Incredible Burt Wonderstone est une métaphore de la magie du cinéma et de l'émerveillement qu'on dû ressentir les spectateurs (des « enfants » au septième art) du cinéma des premiers temps. Voilà, une bonne chose de faite.

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Photo Karl Filion

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