Affiche du film  L'île en folie
© Les Films Séville

L'île en folie

Version originale en français
v.a. : The Wild Life
9 septembre 2016

La croisière ne s'amuse pas

Photo Par Martin Gignac

Le cinéma belge ne se limite pas seulement aux chefs-d'oeuvre des frères Dardenne et de la regrettée Chantale Akerman. Il y a également des productions plus accessibles comme L'île en folie qui cherchent à rejoindre la planète entière.

Le titre québécois peut porter à confusion. Tout comme son homonyme anglais qui s'appelle The Wild Life. Il faut plutôt revenir au sobriquet original pour mieux comprendre et il s'agit de Robinson Crusoé. Aura-t-on droit à une nouvelle variation cinématographique du livre classique de Daniel Defoe alors que George Méliès et Luis Bunuel ont déjà tout dit sur le sujet? Oui et non. Le canevas est le même, mais présenté du point de vue des animaux de l'île où est recueilli notre pauvre naufragé.

C'est d'ailleurs la meilleure idée de cette animation. Faire des héros avec le perroquet rouge et ses amis animaux, dont une chèvre bourrue qui aurait très bien eu sa place dans Rams. Ensemble, bêtes et humain pourront affronter un nombre incroyable de chats mécontents qui tentent de prendre le contrôle de la place.

Il ne faut toutefois pas s'attendre à un film de qualité comme The Secret Life of Pets. L'île en folie s'adresse à des enfants de moins de huit ans qui sont demeurés reclus et qui n'ont jamais rien vu de Disney, de Pixar ou de Miyazaki de leur vie. L'ensemble est tellement naïf et éculé qu'on croirait à une farce. Le premier degré mène le bal et les grandes personnes risquent d'être rapidement larguées. Le scénario puéril n'offre plus le traditionnel conte de survie. Il propose plutôt une ode conservatrice et moralisatrice à la nature et à la liberté... à condition évidemment de ne pas sortir de son cocon. C'est l'anti Sausage Party. Surtout qu'il y a eu trois scénaristes pour en arriver jusque-là.

Les scènes d'action trépidantes alternent avec des moments moins mouvementés (où l'on prépare la prochaine action à venir) et aucun des instants de tension ou de relaxation ne portent fruit tant ils sont redondants. On a beau apprécier ces poursuites dans les gouttières, elles arrivent trop tardivement pour nous sortir de notre marasme.

L'animation fluide aux couleurs vives ne fait pas le poids avec les standards d'aujourd'hui et les mélodies saupoudrées ici et là semblent émaner d'un projet destiné à la télévision. Les réalisateurs Vincent Kesteloot et Ben Stassen sont pourtant loin d'être des novices en la matière et on regrette que ce même Stassen n'ait pas su élever les standards après le déjà quelconque Fly Me to the Moon. L'utilisation de la 3D, notamment, donne rapidement mal à la tête, surtout que sa fonction est purement accessoire.

Peut-être que les gamins de 3 à 7 ans seront attirés par ce divertissement énergique. Encore là, rien n'est moins sûr. Et est-ce que leurs parents ou un adulte voudront les accompagner même s'il n'y a strictement rien pour eux? Ils auront beau chercher des sous-messages (à la Zootopia), une certaine nostalgie (l'effet Peanuts) ou de la poésie (pensons récemment à Kubo and the Two Strings), la vacuité simpliste de l'entreprise l'emporte sur le reste.

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Photo Martin Gignac

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