Affiche du film  L'homme d'acier
© Warner Bros. Canada

L'homme d'acier

Version en français
v.o.a. : Man of Steel
13 juin 2013

Le génocide

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

C'est avec beaucoup de tristesse que je vous annonce la mort de mon enthousiasme face à ce nouveau chapitre sur les aventures de Superman. On nous avait dit que ce film serait le parachèvement de la rencontre entre Zack Snyder et Christopher Nolan, qu'il serait le parfait croisement entre 300 et Dark Knight, qu'il permettrait la résurrection d'un personnage culte tout en améliorant sa mythologie, en l'adaptant à notre réalité contemporaine. Malheureusement, toutes ces belles promesses se sont avérées fausses. Peut-être que si nous ne nous avions pas annoncé une révolution, que nous ne nous avions pas préparés à être éblouis et secoués par ce long métrage qu'on nous disait n'être « rien de ce que nous avons vu auparavant », peut-être que notre déception ne serait pas si grande et douloureuse.

Parce qu'il y a des dizaines d'autres films qui nous viennent en tête lorsqu'on regarde Man of Steel. Parfois on a l'impression de voir un nouveau Terminator, ailleurs, un énième film d'extraterrestres de Steven Spielberg; mais c'est peut-être finalement avec Green Lantern que le film a le plus de ressemblances. Ils ont surtout le même défaut central; une mauvaise intégration de la science-fiction. Thor avait aussi ce problème. Des personnages comme Batman ou Spider-Man peuvent très bien être ancrés dans un univers réaliste, mais lorsqu'il est question d'un Dieu ou d'un extraterrestre aux pouvoirs surnaturels, comme c'est le cas avec Superman, c'est très difficile de conserver l'aspect terre-à-terre de la chose. Le fait que l'équipe derrière Man of Steel a tenu à introduire l'histoire sur Kripton n'aide en rien l'aspect réaliste. La science-fiction est enracinée dès le départ et elle ne s'amenuise jamais.

La caméra nerveuse que l'on a choisi d'employer et tous ces placements publicitaires (Sears, I Hop, Nikon, pour ne nommer que ceux-là) que l'on a intégrés au film, sous prétexte d'installer le récit le plus possible dans la réalité moderne, ne nous aident pas non plus à considérer positivement le long métrage. Tout comme les toussotements maladroits du héros ne nous convainquent pas de sa faiblesse et du danger qu'il encourt.

La relation amoureuse entre Lois Lane et Superman est plaquée et, finalement, injustifiée. Il aurait probablement été préférable que le personnage de la journaliste d'investigation du Daily Planet soit complètement esquivé, plutôt que lancer ainsi au visage du public une histoire de coeur incohérente et mal ficelée. Le problème ne provient, par contre, pas d'une incompatibilité entre les acteurs qui incarnent adroitement ces personnages complexes. Henry Cavill livre une performance honorable dans le rôle du super-héros et Amy Adams apporte beaucoup de substance à Lane. Ce sont leurs textes qui manquent de fluidité et d'aplomb pour permettre aux comédiens de briller.

De Man of Steel découle énormément de déception, mais on ne peut tout de même nier que les effets spéciaux sont prodigieux et que les costumes et les décors sont sublimes; est-ce vraiment ce qu'on veut que le public retienne d'un film de grande envergure comme celui-ci? La qualité des effets spéciaux, des décors et des costumes? Je ne crois pas. Ces choses devraient être un complément à une histoire enivrante et une réalisation singulière, mais elles sont ici en avant-plan, malheureusement. C'est vraiment décevant. Triste aussi. Mais c'est peut-être la preuve que nous ne sommes pas à l'abri des surprises à Hollywood, même des mauvaises...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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