Affiche du film  Jupiter Ascending
© Warner bros. Canada

L'ascension de Jupiter

Version en français
v.o.a. : Jupiter Ascending
6 février 2015

Gravité et surf

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

J'attendais Jupiter Ascending avec une brique dans une main et un fanal dans l'autre. Le fait qu'il ait été déplacé de juin ou juillet à février était sans aucun doute le signe d'un fiasco. Mais, visiblement, comme j'ai été préalablement si dur avec lui, il a pu être partiellement épargné. Comme je m'attendais à un désastre, j'ai été agréablement surprise par cette production hollywoodienne qui s'annonçait si chaotique. Attention, à ne pas s'y méprendre, elle renferme effectivement une forme de chaos qu'on peut difficilement décrire comme profitable, mais il y a aussi une finesse dans sa mythologie, une intensité et une singularité qu'on ne peut ignorer.

Quand une histoire arrive à nous hypnotiser, quand elle nous permet de nous y fondre et de nous l'approprier, on peut nous faire croire un peu n'importe quoi. On ne se questionne pas sur l'illogisme des Jedhi ou celle des Vulcain, on y croit parce que sa mythologie nous a convaincus. Jupiter Ascending aurait pu arriver au même résultat, mais malheureusement elle ne le fait pas complètement. Et comme nous n'y croyons pas, nous ne pouvons nous empêcher de faire des comparaisons futiles (des ressemblances à X-Men, Aladin ou des artifices issus de l'univers de Men in Black) et de décrocher lorsqu'on nous rabâche l'histoire d'amour. Parce que, il faut bien le dire, elle est si insignifiante cette attirance instinctive de la reine pour l'hybride humain-loup à la barbichette brossée. Il aurait pu y avoir une vraie sentimentalité entre les deux inconnus, mais prétendre que la souveraine a un faible pour les mauvais garçons n'était pas l'idée révolutionnaire qui allait changer l'idéologie romantique au cinéma... ni celle qui nous convaincrait de leur idylle passionnelle.

Oui, comme prévu, certains des effets spéciaux sont impressionnants, mais ils nous paraissent tous factices. Évidemment, en science-fiction nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les décors soient réels et les créatures extraterrestres soient des comédiens dans des mascottes, mais cet aspect artificiel contamine l'histoire jusqu'en son sein. Il nous manque un petit quelque chose qui nous permettrait de nous attacher au destin de cette royale laveuse de cuvettes. Quelque chose qui aurait pu provenir de l'esthétique, mais qui malheureusement n'y trouve pas ici son écho.

On ne sent pas non plus nécessairement la signature des créateurs de The Matrix (un classique de la cinématographie moderne) dans Jupiter Ascending. Peut-être que leur lègue est davantage dans le scénario qui, malgré quelques lacunes évidentes, fait preuve d'une intensité qui nous amène à quelque reprise à nous avancer sur le bout de notre siège, mais leur caméra n'a pas la personnalité qu'on espérait. Il y a de ces réalisateurs dont on attend beaucoup, Lana et Andy Wachowski sont de ces personnes qui génèrent des expectatives, et, malheureusement, ils n'ont pas pu les atteindre.

Même si on aurait espéré mieux, Jupiter Ascending mérite quand même le détour, si ce n'est que pour satisfaire une curiosité dévorante. Ce film, qu'on peut voir comme un conte de fées futuriste ou une légende d'avant-garde, n'est peut-être pas aussi mauvais que certains s'évertueront à vous le faire croire. À vous de voir quelles étaient vos attentes et si elles peuvent être contentées par la proposition mitigée des Wachowski.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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