Affiche du film  Arrival
© Paramount Pictures

L'arrivée

Version en français
v.o.a. : Arrival
9 novembre 2016

Les mots pour le dire

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Vu au Festival du Film de Toronto 2016.


Ce sont des films comme celui-là qui ont fait de moi la cinéphile passionnée que je suis. Vous savez ces oeuvres qui vous poussent au-devant de votre siège, qui vous captivent, vous bouleversent et vous divertissent à la fois. Ces oeuvres qui vous font réfléchir, qui vous amènent à vous questionner et qui vous font rire aux éclats. Celles que vous transportez avec vous des jours et des semaines durant. Ces productions qui doivent être assemblées comme un casse-tête et qui vous turlupinent jusqu'à ce que vous trouviez le morceau qui manquait. Arrival, c'est tout ça.

J'imagine qu'il faut quand même un penchant pour la science-fiction pour arriver à apprécier les nuances symboliques du nouveau film de Denis Villeneuve, mais Arrival dépasse les limites de son genre. Le film propose une réflexion des plus pertinentes sur le monde dans lequel on vit et ses barrières. L'intrigue est installée avec stratégie et finesse afin de ne pas alarmer le cinéphile trop rationnel. L'histoire - celle de l'arrivée d'extraterrestres sur la planète Terre - se déroule à notre époque et s'inspire de nos croyances occidentales et de la situation mondiale actuelles. De ce fait, le public peut s'identifier à ces personnages qui tentent de comprendre le langage des visiteurs et surtout, savoir si leurs intentions sont pacifistes ou belliqueuses.

Amy Adams interprète la protagoniste féminine, une spécialiste du langage qui tentera de décrypter le vocabulaire des extraterrestres. L'actrice livre une performance à la hauteur de son talent. Elle personnifie une femme intelligente, droite et sensible, remplie de bonnes intentions, à laquelle on s'attache très rapidement. Jeremy Renner, légèrement plus effacé, accomplit également bien sa tâche et devient un personnage sur lequel le public peut s'arrimer. 

Sur de nombreux points, Arrival rappelle le Interstellar de Christopher Nolan, et bien qu'il n'ait pas le défaut de la longueur excessive (rappelons que Interstellar durait presque 3 heures), il pourrait, comme l'a fait le film de Nolan, désarçonner son public vers la fin lorsque la « science-fiction » prend du galon. Certains (dont je suis) ne seront pas dérangés le moins du monde par ces justifications allégoriques, au contraire. C'est justement cette interprétation du temps et de la mémoire qui distingue Arrival des autres productions de la classe de Close Encounters of the Third Kind. Arrival n'est pas qu'une histoire d'extraterrestres. C'est une allégorie vibrante qui nous intrigue et émeut.

La manière dont les extraterrestres sont dépeints s'avère aussi l'une des forces de la production. Le son qu'ils émettent, leur apparence de céphalopode et la symbolique artistique qu'ils utilisent pour communiquer nourrissent la curiosité du public. Et que dire de la réalisation sublime de Villeneuve qui nous transporte ailleurs et nous ébranle...

Arrival est un film magnifique, puissant, qu'il faut voir plus d'une fois pour en saisir toutes les subtilités.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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