Affiche du film  L'apprenti sorcier
© Walt Disney Pictures Canada

L'apprenti sorcier

Version en français
v.o.a. : The Sorcerer's Apprentice
14 juillet 2010

Abracadabra

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il est plutôt difficile de produire un film familial qui plaira aux enfants autant qu'aux parents, un film assez brillant pour amuser deux générations au moyen de la même blague (à des niveaux différents, bien sûr). Pixar a excellé ces dernières années dans ce domaine (on n'a qu'à penser à l'intelligence de Wall-E ou la sensibilité de Up), mais sans sa compagnie d'animation affiliée, Disney manque souvent de nuances, de profondeur. L'apprenti sorcier a les mêmes problèmes que certaines de ses récentes productions, comme Histoires enchantées ou La course vers la montagne ensorcelée; voulant s'adresser à un large public, on banalise l'importance de certains détails (nécessaires à la cohérence du récit) et on parsème le film de séquences insignifiantes (mais spectaculaires) ou de dialogues insipides pour conserver l'attention des gamins.

Alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années, le jeune Dave a vécu une expérience plutôt étrange dans un magasin new-yorkais alors qu'un être vêtu d'une redingote noire lui a annoncé qu'il est l'un des descendants du sorcier Merlin. Dix ans plus tard, le jour de son anniversaire, l'étrange personnage refait surface dans sa vie et lui annonce que seul lui peut empêcher la cruelle Morgan de réveiller une armée de morts-vivants pour envahir la Terre. Légèrement dépassé par les évènements, l'adolescent, passionné de physique quantique, tentera d'aider son nouvel ami Balthazar au mieux de son pouvoir, malgré sa balourdise et ses sentiments pour la belle Becky.

La magie est un thème qui a souvent été exploité au cinéma, tant pour les adultes que pour leur progéniture. Chacune de ces productions a son explication bien précise sur la genèse de son contexte surnaturel. On apporte, dans L'apprenti sorcier, une vision intéressante, et même intelligente, sur la possibilité d'évènements ésotériques dans le monde moderne; les justifiant par le fait que seulement quelques personnes peuvent utiliser l'entièreté de leur cerveau et ainsi manipuler leur environnement. Malheureusement, cette théorie brillante, installée en première demie, n'est expliquée que superficiellement (une définition plus approfondie aurait peut-être nui à l'intelligibilité des petits, mais aurait permis aux grands d'agréer plus aisément au postulat). L'introduction, qui se déroule dans une époque révolue depuis longtemps, est également d'une futilité accablante. Cette première scène, censée nous mettre en contexte, semble avoir été produite à la hâte; les décors ressemblent à un bricolage de maternelle et les dialogues sont banals, invraisemblables.

Les effets spéciaux sont souvent sublimes et nous permettent d'être entraînés plus facilement dans l'histoire; l'aigle de pierre qui se détache d'un édifice pour s'envoler dans le ciel new-yorkais et le célèbre taureau de Battery Park qui prend vit et poursuit le protagoniste à travers les rues de la ville, ne peuvent qu'impressionner les petits comme les grands. La traversée du miroir et son univers inversé sont également très bien réussis et diffèrent des manipulations visuelles traditionnelles (écran vert, explosions, etc.).

Les enfants s'amuseront très certainement de voir les habiletés de Dave, ses erreurs et ses idées farfelues, mais leurs parents n'auront probablement pas autant de plaisir, importunés par les incohérences scénaristiques et les abondants clichés. La magie de Disney n'opère pas toujours de manière adéquate, de manière universelle, mais, malgré toutes les imperfections de ces productions, elle reste indéniable.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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