Affiche du film  Joyeuses funérailles
© Sony Pictures

Joyeuses funérailles

Version en français
v.o.a. : Death at a Funeral
15 avril 2010

De très mauvais goût

Photo Par Karl Filion

Hollywood - on la nomme comme on nommerait Babylone - a pris l'habitude d'adapter pour son public (son influence sur marchés mondiaux étant effectivement un paradoxe) les films les plus réussis des cinématographiques internationales. Combien de films français, espagnols ou asiatiques ont leur équivalent (sans doute pas au niveau de la qualité) hollywoodien? Cette fois, cependant, Hollywood a adapté un film qui était déjà en anglais, un film britannique qui porte le même titre (Death at the Funeral) qui avait été presque unanimement apprécié. Reprenant apparemment la même trame narrative, le film adapte plutôt les références culturelles pour s'ancrer pleinement dans la culture afro-américaine.

À la mort de son père, Aaron est chargé d'organiser les funérailles selon les dernières volontés du défunt. Il réunit toute la famille dans la maison familiale, et se prépare à livrer un discours attendu pour rendre hommage au disparu. Mais les invités ne sont pas encore tous arrivés que les embrouilles commencent : son frère, venu de New York, refuse de payer sa part de la cérémonie prétextant un problème d'argent, sa femme veut absolument qu'il lui fasse un enfant, sa cousine est venue avec son fiancé sous l'effet des drogues et un nain qu'on n'a jamais vu demande à lui parler de choses importantes. Vraiment, ça ne pourrait pas être pire.

Le résultat est un film en deux temps : autant on a droit à des dialogues bien écrits, livrés par des comédiens talentueux qui évitent la surenchère, autant le film donne allègrement dans le scatologique et le mauvais goût lorsque l'occasion se présente. On a presque affaire à une équation mathématique. Émettons l'hypothèse suivante : être nu devant la famille de sa fiancée, c'est gênant (donc c'est drôle pour ceux qui ont leurs vêtements, les spectateurs). Si c'est drôle une fois, ce sera nécessairement toujours drôle. Donc répétons. Et ainsi de suite, tant et si bien qu'on comprend (trop) rapidement où le scénario va sans doute nous mener. Et comme l'effet de surprise est primordial à une bonne blague... Faites la même équation avec l'hypothèse suivante : un vieil oncle handicapé qui veut aller à la toilette, c'est « drôle »... etc.

Le film fonctionne bien mieux lorsqu'il est plus subtil, soulignant grâce aux dialogues l'incongruité des situations, l'exagération des demandes et les vieilles rancunes familiales. On ratisse très large, se faisant un devoir de représenter à peu près toutes les générations et tous les problèmes familiaux imaginables. Cela a aussi le défaut de rendre de nombreuses blagues très prévisibles. Lorsqu'elles ne sont pas tout simplement dégoûtantes. Les comédiens, avec en tête de liste Chris Rock, James Marsden et Zoe Saldana, s'appliquent à la tâche, à l'exception de Tracy Morgan et Luke Wilson, qui surjouent affreusement.

Mais les blagues qui étonnent fonctionnent à merveille et, pour peu qu'on n'ait pas vu le film original, l'efficacité des comédiens suffira à convaincre. Ce serait malhonnête de reprocher au film d'être la copie conforme de son inspiration; ce n'est pas un défaut, pas une erreur, juste une évidence. Le film s'adresse donc clairement à ceux qui auraient raté le film original.

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Photo Karl Filion

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