Affiche du film  Jeune Adulte
© Paramount Pictures

Jeune adulte

Version en français
v.o.a. : Young Adult
16 décembre 2011

Jeune et immature

Photo Par Karl Filion

À la filmographie de Jason Reitman, il faut maintenant ajouter Young Adult, c'est-à-dire un film over-hypé, faussement « indépendant », doux-amer, mais aussi insignifiant sous-développé. Pourtant, après Thank You for Smoking, Juno et Up in the Air, on peut dire que le jeune réalisateur originaire de Montréal était bien parti et qu'il avait l'occasion d'affiner tout simplement sa signature pour devenir un des réalisateurs actifs les plus excitants d'Hollywood. Young Adult démontre en quelque sorte pourquoi il est peu probable que ça se produise à court terme.

D'abord parce que tous les tics de Reitman se retrouvent à nouveau dans son plus récent film, mais sans le charme qu'on trouvait dans ses oeuvres précédentes. Cet intérêt pour le vintage, ici complètement vide de sens, en est un exemple, tout comme la narration du personnage principal, faussement manipulatrice et banalement humoristique. La mécanique de l'humour est rouillée, répétitive et, comme l'ensemble, peu inspirée, surtout dans la longue première partie mollassonne qui tente bêtement de faire rire par tous les moyens (haha, elle ne se souvient pas de lui! LOL).

Vrai qu'avec le recul on mettra peut-être la faute sur le scénario de Diablo Cody, qui se contente de faire le portrait simpliste d'une jeune femme qu'on devine éminemment plus complexe - grâce à la performance teintée d'abnégation de Charlize Theron. Sans elle et son interprétation toute en subtilité, Mavis Gary ne serait pas digne d'être le sujet d'un long métrage. D'abord parce que son récit est particulièrement anecdotique; c'est qu'on veut dire par « in-signifiant », c'est-à-dire « sans importance », sans intérêt. Heureusement, le sujet est d'actualité, mais le traitement beaucoup moins.

Les personnages secondaires (masculins de surcroît) sont bien plus riches et développés, mais ils demeurent « secondaires » au récit (évidemment). Dommage, le film ne se sert d'eux que pour clore de façon prévisible quelques situations stéréotypées, dont le dénouement, fade. On parle davantage d'opportunités ratées que de maladresses, cependant. Citons par exemple le décalage qui est au centre du film, celui de la reine de l'école déchue, vingt ans après, alors qu'elle est de retour dans son « royaume » et que les priorités des autres ont changé; à quoi bon avoir ce personnage si on n'a pas le contrepoids de sa déchéance?

Bon, Young Adult n'est pas si raté que ça. Theron en est une grande qualité, tout comme une ou deux scènes chargées émotivement (ça, c'est quand elles ne s'étirent pas inutilement). Mais on est jamais vraiment passionné par le récit de Mavis, et puis ça devient évident : Young Adult est aussi vide que ses personnages, aussi superficiel qu'eux. Et ça, quoi qu'on en pense ou en dise, ce n'est pas un « concept » lorsque cela n'implique que les personnages à l'intérieur du film; il faut s'adresser à quelque chose de plus global, surtout lorsqu'on tourne autour autant de sujets sociaux et comme Reitman l'a si bien fait dans ses films précédents.

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Photo Karl Filion

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