Affiche du film Je vous déclare Chuck et Larry
© Universal Pictures

Je vous déclare Chuck et Larry

Version en français
v.o.a. : I Now Pronounce You Chuck and Larry
19 juillet 2007

Un mariage de raison

Photo Par Karl Filion
Adam Sandler et Kevin James forment un couple gai, mais pas vraiment, dans la comédie Je vous déclare Chuck et Larry, un film qui remplit ses promesses. De l'humour parfois bien gras, souvent homophobe, mais rarement véritablement mesquin. Mais de l'humour drôle (sic!), alors pourquoi pas?

Cela devait arriver. Deux comiques américains s'attaquent au mariage gai, débat de société dans l'air du temps particulièrement chez l'oncle Sam. Cela donne lieu à quelques commentaires sociaux de relative faible envergure, mais pas question de faire d'un film réalisé par l'homme derrière les Benchwarmers, et avec Adam Sandler, un pamphlet sociétal sur l'acceptation de la différence. C'est plutôt l'occasion de lancer quelques pointes et méchancetés amicales, de tomber dans l'auto-dérision en n'espérant blesser personne et en terminant le tout dans une effusion d'amour maladroite.

Depuis que la femme de Larry est morte, il élève seul ses deux enfants. En sa qualité de pompier, il risque quotidiennement sa vie, mais en cas de décès, ses enfants ne pourront bénéficier de son assurance-vie. La seule solution? Une union civile avec son bon ami Chuck, collègue de travail et charmeur notoire. Sauf que quand leur union est contestée par la ville de Brooklyn et qu'ils risquent la prison, ils doivent convaincre tout le monde que leur amour est légitime, incluant leur avocate sur qui Chuck a jeté son dévolu.

Je vous déclare Chuck et Larry annonce dès le départ ses intentions : il s'inscrit dans le cliché et le stéréotype. Il en fait d'ailleurs l'inventaire exhaustif, et semble prendre beaucoup de plaisir à se ridiculiser. L'auto-dérision est à l'honneur.

Dommage que la finale ne soit pas à la hauteur; on rougit devant ces démonstrations spontanées d'amour un peu ridicules et exagérées; il y a bien plus de couleurs et d'arcs-en-ciel dans le ciel du monde parfait où finissent nos héros que dans une défilé de la fierté gaie. L'aspect moralisateur de la conclusion gâche une bonne partie du plaisir coupable qui s'était jusque là installé. Décidément, la rectitude politique ne fait pas à Sandler.

Les performances d'Adam Sandler et de Kevin James sont parfaitement ajustées au niveau comique de l'aventure, et au type d'humour très postmoderne du film. Le réalisateur Dennis Dugan ne laisse pas sa marque, sa réalisation est anonyme et pragmatique; c'est parfait. La performance de Ving Rhames s'avère certainement la plus rafraîchissante, tandis que Jessica Biel a encore beaucoup de difficulté à convaincre qu'elle sait, et qu'elle peut, jouer la comédie. Malgré son corps de rêve.

Le cinéma devait retrouver la cause gaie un jour ou l'autre. C'était inévitable, un mariage de raison. Je vous déclare Chuck et Larry n'assume qu'à moitié cette voie, ce qui ne lui permet pas de s'élever au-dessus d'une autre comédie que serait tout simplement aussi drôle. Un bon moment d'humour, sans plus, pour un film qui n'attrape pas toutes les possibilités.
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Photo Karl Filion

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