Affiche du film  Jappeloup : L'étoffe d'un champion
© Les Films Séville

Jappeloup l'étoffe d'un champion

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Jappeloup
5 septembre 2013

Ce serait trop facile de faire un jeu de mot

Photo Par Karl Filion

Jappeloup est un film de qualité, qui a été produit avec un apparent souci du détail et une affection pour le sujet qui transparaît à l'écran. Des acteurs aux décors, en passant par la réalisation efficiente et le récit inspirant, tout dans Jappeloup appelle à rejoindre un large public. Un peu comme Louis Cyr : L'homme le plus fort du monde plus tôt cet été, voilà un long métrage qu'il faut voir comme l'application compétente et consciente d'une recette visant à faire un film qui ne serait ni déstabilisant, ni original (ce qui ne signifie pas qu'il ne puisse pas être inventif), et il faut avouer que cette histoire s'y prête bien (qui doute de la victoire finale des héros? Levez la main...).

S'inspirant librement de la vie de Pierre Durand et de son cheval Jappeloup, qui ont concourru sur la scène internationale, le long métrage est donc ambitieux au niveau narratif (s'étendant sur près de dix ans) mais assez peu au niveau cinématographique, malgré d'habiles séquences de compétition. En fait, les courses d'obstacles sont assez palpitantes, même si on connaît peu ce sport de ce côté de l'Atlantique, et même si Christian Duguay utilise tous les plus vieux trucs, des ralentis aux reaction shot. Elles n'en demeurent pas moins l'une des principales forces du film.

C'est dans les autres aspects du long métrage que sa tendance résolument classique se manifeste le plus clairement. Dans l'histoire d'amour prévisible et appuyée entre Durand et sa femme Nadia, par exemple, ou entre la jeune Raphaëlle et son cheval, ou alors avec la mort du père. Bien fait, mais attendu. L'interprétation, par les expérimentés Guillaume Canet, Marina Hands et Daniel Auteuil, va dans le même sens; efficace mais convenue.

On limite cependant au strict minimum les incohérences malgré quelques fausses pistes (vente du cheval, entraîneur tyrannique de l'équipe olympique), ce qui permet de s'attacher aux personnages et de vivre pleinement les moments de tension lors des compétitions. Les deux sont étroitement liés; si on ne s'intéresse pas suffisamment aux personnages on ne vivra pas passionnément leurs hauts et leurs bas, et inversement. C'est peut-être là le plus grand accomplissement de Jappeloup, qui ne s'encombre pas trop de la réalité. Le long métrage ne se gêne pas pour prendre de grandes libertés par rapport à la vie de ses héros afin d'en augmenter l'impact dramatique, et cela lui sert bien (toujours dans cette optique de rejoindre un large public). Il évite aussi d'écorcher son héros...

L'équilibre précaire entre les éléments fait du long métrage de Christian Duguay un projet assez générique, entre film d'amour, drame psychologique, drame familial et film sportif. Au-delà des quelques longueurs, Jappeloup est assez efficace, même s'il se contente de bien faire ce qu'il fait. C'est un moyen de gagner comme un autre, comme le prouvent Pierre Durand et son cheval...

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Photo Karl Filion

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