Affiche du film  Hotel Transylvanie
© Sony Pictures

Hôtel Transylvanie

Version en français
v.o.a. : Hotel Transylvania
28 septembre 2012

Il danse avec les monstres

Photo Par Karl Filion

Avant d'aller voir Hotel Transylvania, on avait déjà le vague pressentiment qu'on n'aurait pas affaire à quelque chose de mémorable. L'autre manière de le dire serait : « encore un film d'animation pour enfants?!? ». Oui. Hollywood doit bien en proposer une douzaine par année, tous pareils, en ce sens qu'ils tentent tous de plaire autant aux enfants qu'à leurs parents. Mais ils n'y parviennent pas tous. Il n'y a qu'un moyen de faire ça selon Hotel Transylvania : des références à la culture populaires et des blagues salées à double-sens. On s'en doute, ça tombe vite à plat. Quelque acrobatie que l'on fasse.

Parce que le pari du réalisateur Genndy Tartakovsky est que plus on bouge vite plus on s'amuse. C'est vrai au soccer, mais pas au cinéma. Ses personnages virevoltent donc sans arrêt, se transforment, dans un traitement très cartoon qui devient vite insipide. Cela donne lieu à une belle démonstration technique - l'animation est de qualité et particulièrement fluide - mais comme plus rien n'a de sens, plus rien n'a d'impact; ni les blagues, ni les scènes « d'émotion ». La question, c'est : combien de fois on peut voir Dracula (ou sa fille) se changer en chauve-souris? Et redevenir Dracula? Se changer en chauve-souris? Redevenir Dracula? Se changer en chauve-souris? Redevenir une chauve-souris?

Ici, ce sont les monstres que l'on connaît (Dracula, Frankenstein, l'Homme invisible, le Loup-Garou, etc.) qui prennent des vacances dans un château reculé où les humains ne sont pas admis. Évidemment, il y a un humain qui arrive, et il faut le cacher. Y parviendra-t-on? Comme il faut à peu près cinq secondes pour répondre à cette question (+ cinq secondes pour savoir si la fille de Dracula va tomber amoureuse), Hotel Transylvania accumule les péripéties de remplissage (un ballet de tables, entre autres) pour atteindre la durée d'un long métrage. Cela devient vite lassant. Même une chanson en épilogue n'y change rien.

D'autant que les thématiques abordées sont éculées. La tolérance et l'ignorance, l'amitié, l'amour, les parents protecteurs... La morale, qui est si redondante dans ce type de cinéma qu'elle en devient absolument lassante, s'adresse plutôt aux parents qu'à leurs enfants. Ce ne sont que les parents qui appréhendent ce jour où leurs enfants voudront voler de leurs propres ailes (même cette expression est accablante...), et même encore, ce n'est pas certain que ce soit si répandu. Alors pourquoi s'acharner à faire des films sur ce sujet? Surtout si c'est pour répéter les mêmes stéréotypes...

Hotel Transylvania ne propose donc rien de neuf à un genre qui a tant d'exemples de bonne qualité. Ce n'est pas un ratage complet, juste un manque de nouveauté. Car la minceur de la proposition mise à part, le travail des artisans du projet est efficace; l'animation est jolie et colorée, le travail vocal des acteurs est intéressant - mais cela n'a que très peu d'impact lorsque le récit a si peu à proposer. C'est aux histoires que les enfants s'accrochent vraiment, on en est convaincu. En ce sens, Hotel Transylvania est distrayant, mais on l'a déjà oublié.

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Photo Karl Filion

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