Affiche du film Hellboy 2: L'armée d'or
© Universal Pictures

Hellboy 2 : L'armée d'or

Version en français
v.o.a. : Hellboy 2: The Golden Army
11 juillet 2008

Trompe-moi une fois, honte à toi...

Photo Par Karl Filion
On s'explique mal pourquoi Guillermo Del Toro aime tant ce personnage cornu et rébarbatif, mais on peut très bien voir comment il lui démontre son amour. Il lui offre les meilleures répliques, fait un travail compétent et minutieux au niveau des costumes et des effets spéciaux, refuse des dizaines de projets pour réaliser Hellboy 2 : L'armée d'or. Mais Del Toro n'arrive pas à partager sa passion et son film, même s'il est moins ennuyant que le premier parce que moins long, lasse rapidement malgré cette impressionnante démonstration de créativité.

Hellboy, sa compagne Liz et son coéquipier Abe sont toujours au service des humains au Bureau pour la recherche sur les phénomènes paranormaux. Un soir, ils sont appelés sur les lieux d'un saccage réalisé par le Prince Nuada, qui souhaite réveiller l'Armée d'or pour affronter les humains dans une guerre sanglante. Avec l'aide de la soeur de ce dernier, ils devront tout tenter pour l'en empêcher.

D'une histoire d'amour à l'autre, Hellboy 2 : L'armée d'or multiplie les clichés et force ses personnages à prendre des décisions toutes plus stupides les unes que les autres au nom de l'amour. Un peu de pragmatisme rendrait de bien plus grands services à l'humanité que tout ce que pourra jamais vaincre ce pauvre Hellboy, assez idiot pour tourner le dos à ses ennemis une bonne dizaine de fois. Trompe-moi deux fois, honte à moi.

Alors que le premier film se perdait en explications nécessaires mais mal agencées, celui-ci a au moins le mérite d'aller directement au but. L'introduction est plus dynamique, les combats plus flamboyants... mais Del Toro n'a pas pour autant appris de ses erreurs (et son personnage non plus) et revient à ses vieilles habitudes. Son film, particulièrement dans le bazar des Trolls, prend des allures de Star Wars avec ses nombreuses créatures extra-terrestres. Très impressionnants et créatifs, ces masques et autres costumes, mais pas assez pour donner un peu de vie à cette histoire qui s'embrouille avec la soif de célébrité du personnage principal.

Hellboy 2 : L'armée d'or souffre aussi du même problème que son prédécesseur : Hellboy n'est pas assez fort pour vaincre ce qui lui tombe dessus. Il ne reçoit pas d'aide d'Abe, qui ne peut pas se battre; Liz n'a qu'un tour dans son sac; le chef du Bureau, un dénommé Johann Krauss - à qui Seth MacFarlane, caricatural et peu convaincant, prête sa voix - n'exploite ses possibilités qu'à la toute fin du film, avant un fatal revirement ultra-prévisible et d'autant plus ennuyant. Hellboy est juste très chanceux, et ses répliques assassines, aussi inspirées soient-elles, n'achèvent jamais les ennemis, et les combats s'étirent et s'étirent inutilement.

Visuellement impeccable, Hellboy 2 : L'armée d'or n'est pourtant pas de taille face aux autres films de super-héros de cet été. Le scénario n'est pas à la hauteur des hautes ambitions du réalisateur, qui s'est tout de même laissé une immense (et très intéressante si approchée correctement) porte ouverte pour une troisième volet lors de la plus belle scène du film avec le Chambellan. Trompe-moi trois fois?
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Photo Karl Filion

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