Affiche du film  Green Lantern
© Warner Bros. Canada

Green Lantern

Version en français
v.o.a. : Green Lantern
16 juin 2011

Les effets sans effet

Photo Par Karl Filion

Troisième film de super-héros à prendre l'affiche sur les écrans cet été, Green Lantern est aussi le moins réussi du lot. Alors que X-Men: First Class parvenait à insuffler un peu d'humanité à des personnages supra-humains et que Thor parvenait à synthétiser une mythologie complexe pour la rendre suffisamment palpitante, ce long métrage de Martin Campbell (Casino Royale, mais aussi l'infect The Legend of Zorro) n'arrive à conjuguer ni l'un, ni l'autre, ce qui donne un film confus et ennuyant, qui n'a aucune connexion émotive avec son public et encore moins le charisme nécessaire pour se distinguer.

Les problèmes y sont nombreux et diversifiés : cette histoire d'amour mièvre est particulièrement stéréotypée et attendue, tandis que le « méchant » Dr. Hammond est peu impressionnant, autant dans sa genèse que dans ses pouvoirs limités. Quand à Parallax... il s'avère manquer d'envergure lui aussi, alors qu'on parvient si aisément à le vaincre. Voilà qui rend difficile l'instauration d'un schéma narratif engageant, d'autant qu'il ne s'agit certainement pas ici de révolutionner le genre (croyez-vous que le gentil va l'emporter?).

D'autant que le héros de Green Lantern est limité par sa conception « humaine » de ses pouvoirs : il s'entête à créer des mitraillettes, des fusils et des pistes de course jouets alors que son imagination peut tout créer. Plutôt que d'explorer en profondeur les pouvoirs d'un héros, de s'en servir pour examiner un concept moral, on se contente de la simplicité du divertissement estival. Car les questions morales sont nombreuses : Hal Jordan est-il le garde du corps de sa petite amie ou doit-il se porter à la défense de l'humanité toute entière? Qu'en est-il de son identité « secrète »? Le genre des films de super-héros est suffisamment mature pour se poser ces questions; pas Green Lantern.

Ryan Reynolds est tellement parfait qu'on a de la difficulté à ressentir la moindre empathie pour lui, exactement comme l'est sa petite amourette avec sa collègue Carol Ferris (Blake Lively, jolie mais limitée). Tout est tellement prévisible qu'on ne ressent aucun véritable plaisir à constater les aventures de Jordan; exception faite de ses voyages interstellaires vers la planète Oa, quartier général des Lanternes, le seul endroit où voir quelque chose d'inattendu semble envisageable.

Les effets spéciaux, dont l'ampleur repousse encore une fois les limites du bon sens, ne suffisent pas à faire oublier les nombreux problèmes de rythme et d'ambition de ce projet qui semble avoir voulu garder le meilleur pour une éventuelle trilogie. Mais ce premier volet, sans doute handicapé par une lourde mythologie très exigeante, a apparemment voulu tout simplifier. Ces dernières années, d'autres films de super-héros ont prouvé qu'on pouvait se servir de ces personnages rassembleurs pour proposer une véritable exploration des schémas traditionnels tout en divertissant. Pas cette fois.

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Photo Karl Filion

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